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Spéciale Philippines // N°25 // Avril 2014

Spéciale philippines

Edito

Par Patrick Verbruggen – Co-directeur TGH

Les événements sanglants survenus récemment en Ukraine ont démontré que les peuples qui luttent pour plus de liberté et de démocratie voient encore l'Europe comme emblème de ces valeurs.

Pourtant, alors que les élections européennes se profilent, la tentation du "chacun pour soi" redevient prioritaire, et la solidarité européenne internationale est en danger.

Par le biais de la cellule ECHO, l'Europe est depuis de nombreuses années le premier bailleur de fonds mondial de l'action humanitaire. Grâce aux impôts de ses citoyens, elle s'est engagée, et continue de s'engager auprès des populations en danger à travers le monde. Depuis 1992, elle est intervenue auprès de millions de personnes rescapées de guerres civiles ou de catastrophes naturelles, elle a accompagné des populations en détresse vers une amélioration de leurs conditions de vie, combattu l'insécurité alimentaire et les maladies, ou encore soutenu l'éducation.

La règle comptable de la rigueur et le repli des états sur leurs problématiques internes ont provoqué, lors de la négociation du dernier budget, une diminution conséquente des fonds dédiés à ECHO. Des fonds qui, s'ils pèsent lourd pour les bénéficiaires, ne sont qu'un poids plume dans le budget européen (0.56 %).

L'Europe est notre héritage, celui que nos aînés ont construit après deux guerres mondiales, guidés par le "plus jamais ça", et souhaitant insuffler aux jeunes générations la volonté de s'engager auprès des plus démunis.

Aujourd'hui, la jeunesse européenne en recherche de sens a besoin d'implication et de symboles pour adhérer au concept de l'Europe. Mais les débats se focalisent essentiellement sur les questions économiques, et l'image de l'Union européenne ressemble chaque jour un peu plus à celle d'une machine économique poussive, obèse de surcharges administratives.

Les 190 ONG signataires de l'accord-cadre avec ECHO, qui déploient dans le monde les actions humanitaires financées par l'Union européenne, se mobilisent actuellement pour inciter leurs gouvernements respectifs à intervenir pour que ces actions perdurent, pour que l'Europe conserve le leadership de la solidarité.

Le peuple ukrainien nous a montré la voie, et il nous appartient, en tant que citoyens européens, d'actionner tous les leviers disponibles pour que notre union soit à la hauteur de leur espérance.

TGH aux Philippines

 

Tout le monde se souvient des images terribles du Typhon Yolanda, l'un des plus violents jamais enregistrés, qui a balayé début novembre 2013 les Philippines. Le drame, qui a coûté la vie à des milliers de personnes, a ému le monde entier, alors que parvenaient au compte-gouttes les informations en provenance de zones devenues parfaitement inaccessibles.

Quelques mois plus tard, la loi des médias a effacé ce coin du monde des informations. Pourtant, les besoins restent immenses, et si la plupart des grandes ONG présentes sur le terrain effectuent un travail important, certaines localités demeurent oubliées. C'est le cas de la zone de Sulangan Barangay, un village isolé d'à peine 5000 âmes.

« Nous avions notre place pour y aller. Quinze jours après le typhon, nous avons réalisé une évaluation sur le terrain, tout en nous disant que la réponse d'urgence allait être offerte par des ONG plus grosses que TGH. Notre idée, dès le départ, c'était le "post-typhon", ou comment articuler une aide rapide pour que les gens puissent se relever économiquement suite à la catastrophe », explique Anne Barthès, chargée de programmes.

Bateau-Philippines

Dans le petit village de Sulangan, les populations vivaient jusqu'à présent presque exclusivement de la pêche. Tout a été détruit, et en particulier les bateaux. Seuls une soixantaine sur 630 ont tenu face à une catastrophe naturelle sans précédent, à laquelle personne ne s'attendait vraiment...

« Nous avons ciblé une zone sur laquelle il y avait très peu d'acteurs humanitaires, mais surtout un domaine sur lequel nous avons une véritable expertise. La relance de la pêche, on connaît, les petites communautés en zone rurale, on connaît, c'est pour cela que nous avons pu avoir la confiance de certains bailleurs et celle de bénéficiaires qui sont réellement impliqués dans le programme que nous mettons en place », souligne Anne.

C'est une mission de courte durée, qui doit s'achever fin août 2014, avec un budget de 250.000 euros issu notamment de la Fondation de France et du FACECO, le Fonds d'Action Extérieure des Collectivités Territoriales1. L'objectif principal : rendre un outil de travail aux pêcheurs de la zone.

« L'idée, c'est déjà de pouvoir soit restaurer les bateaux qui peuvent l'être, soit d'en construire de nouveaux », explique Thomas Boudant, chef de mission. Au total, c'est environ 80 bateaux de pêche traditionnels qui seront construits localement, grâce notamment au recrutement de charpentiers de marine locaux.

« L'autre aspect de la mission, c'est la relance agricole, qui passe par de la distribution de semences maraîchères et d'animaux d'élevage », explique Thomas, qui relève que « face à des demandes aussi nombreuses, notre principal critère est celui de la vulnérabilité ».

Bateau-Philippines
  Réparation

Depuis plusieurs semaines à Sulangan, Thomas a entrepris de mener une large enquête à la rencontre des habitants, pour déterminer les besoins particuliers et généraux.

La construction de bateaux - le plus gros support qu'offre TGH sur la mission - ne se fait pas sans certaines contraintes auxquelles se soumet bien volontiers l'ONG.

« Avant le drame, la région connaissait un grave problème de surpêche, avec les conséquence que l'on imagine sur l'environnement local. Aujourd'hui, les autorités, avec lesquelles nous collaborons étroitement, nous demandent de travailler de façon responsable, et de prioriser la reconstruction des bateaux les plus petits », explique Anne.

Thomas de son coté, doit faire face à d'autres exigences, et notamment légales : « Il y a des lois environnementales assez strictes ici, qui rendent extrêmement difficile l'approvisionnement en bois. Sans doute devrons-nous recourir à de l'importation de bois issu de forêts gérées de façon durable afin de ne pas encourager la déforestation qui est un problème majeur aux Philippines et dans cette région du monde », explique le chef de mission.

Quelques mois après le début de la mission, Thomas et Anne semblent confiants, et tous deux espèrent surtout la voir se développer : « D'ici un mois, nous prévoyons d'aller faire des évaluations dans les alentours, notamment sur les îles de la région qui ont été les plus touchées, et sur lesquelles très peu d'acteurs humanitaires sont présents (…) Il est possible que nous nous orientions vers des opérations d'eau-assainissement, une autre grande spécialité de TGH. En tout cas nous pensons sérieusement à nous installer de façon plus durable... »

1 Le Fonds d'Action Extérieure des Collectivités Territoriales est un fonds de concours géré par le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et dédié aux collectivités territoriales souhaitant apporter une aide d'urgence aux victimes de crises humanitaires à l'étranger

Portrait de Thomas, chef de mission aux Philippines, pour TGH

Thomas Boudant

« Aucun doute, ça change », raconte Thomas, fraîchement débarqué aux Philippines après une longue mission en Centrafrique où il a vécu certains des pires moments de la crise. Après les pressions, pillages et violences inhérents à des missions telles que celle dont il sort à peine, Thomas a découvert un autre monde en arrivant début février dans le village de Sulangan, où il est en charge de la mission ouverte par TGH.

Autre pays, autre crise, « la haine en moins », explique l'un de ses collègues, et cela change tout : « C'est la première fois que ces gens sont confrontés à une crise aussi grave. Mais c'est une catastrophe naturelle, rien à voir avec ce que j'ai connu précédemment », explique Thomas, qui apprécie plus que jamais le fait de pouvoir travailler « de façon sereine ».

« Ici, je n'ai plus à prendre en compte en permanence la possibilité de me faire braquer la voiture, ou que nos locaux soient pillés. Notre maison n'est pas gardée, les gens nous ont offert un très bon accueil, tout comme les autorités locales avec qui nous travaillons étroitement. C'est juste un contexte idéal qui fait qu'on peut se concentrer vraiment sur un travail opérationnel sans trop se préoccuper des questions de sécurité », explique le chef de mission, l'un des plus jeunes de TGH.

Passer d'un univers à l'autre, c'est le lot de la plupart des travailleurs humanitaires, qui enchaînent souvent des missions de courte durée au gré des besoins et de leurs compétences. Alors, en débarquant dans un pays si différent du précédent, Thomas ne cache pas sa joie de pouvoir travailler aussi facilement avec les populations locales, même si la tâche qui l'a amené ici est loin d'être évidente.

Bateau-Philippines
  Réunion avec les chefs de quartier "Porok leaders" pour faire le point sur le projet

« On joue la transparence, et les villageois comme les autorités l'ont bien compris. Récemment nous avons pu faire une réunion publique en extérieur, durant laquelle nous avons expliqué toutes nos intentions, nos méthodes. C'est beaucoup plus complexe ».

Dans ce village situé à 4 heures en voiture de Tacloban, dont les images du désastre ont fait le tour du monde, l'heure est à la reconstruction, en particulier la reconstruction économique pour des pêcheurs qui ont tout perdu.

« Les attentes sont immenses. Jusqu'à présent une grosse partie de notre travail a été de faire du porte à porte, de rencontrer les gens pour comprendre les besoins effectifs. Comme beaucoup d'entre eux ont des besoins très individuels, c'est inévitable de réaliser un gros travail d'enquête personnalisée ».

La mission de Thomas devrait s'achever en août, mais à TGH personne n'ignore que bien souvent, lorsque l'on s'installe quelque part, on est bien partis pour rester.

En Centrafrique, où il avait intégré la mission comme stagiaire en 2011, Thomas était finalement resté jusqu'en décembre 2013, en occupant un poste de chef de projet : « une expérience très particulière, d'autant que je n'avais aucun point de comparaison ». Et s'il ne regrette en rien son expérience en Centrafrique, il se souvient tout de même avoir plusieurs fois attendu « que ça s'arrête » pour pouvoir souffler un peu dans un contexte d'intervention difficile. Aujourd'hui aux Philippines, Thomas imagine déjà pouvoir jouer les prolongations : « On n'a pas besoin de chercher très loin pour mesurer l'étendue des choses à faire... »

En bref…

 

Algérie

 

Le programme financé par l'UNHCR pour apporter une aide humanitaire essentielle aux réfugiés sahraouis installés dans les campements au sud de Tindouf a été reconduit pour l'année 2014. Il permet la gestion quotidienne d'un atelier mécanique assurant l'opération et la maintenance d'une flotte de véhicules, d'ambulances et de camions permettant la distribution effective de l'aide humanitaire (produits alimentaires et non-alimentaires, eau potable, électricité), l'amélioration des conditions d'hygiène dans les campements avec la distribution d'eau de Javel et de savons de Marseille aux hôpitaux, dispensaires et centres scolaires, ainsi que de kits hygiéniques à 38 450 femmes sahraouies. Il inclut également le soutien à des centres d'accueil journaliers pour enfants porteurs de handicaps ainsi que des services à domicile prodigués par un réseau d'assistantes sociales, et l'amélioration des conditions de soins à travers un soutien matériel aux infrastructures médicales. Enfin, TGH assure la gestion des deux bases UNHCR de Rabouni et de Dakhla, servant de lieu de travail à l'ensemble des acteurs humanitaires, agences de l'ONU et ONG présentes de manière permanente sur les campements.
Depuis mai 2013, et jusqu'à fin avril 2014, TGH met en œuvre des actions de prise en charge des personnes handicapées dans les camps sahraouis, sur financement de la DG ECHO1 (fourniture de matériels paramédicaux spécifiques et renforcement des compétences des intervenants sociaux qui accompagnent au quotidien ces personnes et leurs familles). Les achats des équipements viennent de se terminer et les distributions vont pouvoir démarrer. Les formations et les accompagnements méthodologiques à destination du personnel social vont se poursuivre jusqu'à la fin du programme. La DG ECHO vient d'accepter le financement d'une nouvelle action, qui démarrera en mai 2014, visant à compléter les actions menées au profit des personnes handicapées (poursuite du renforcement des capacités des professionnels de la prise en charge du handicap dans les camps). Ce projet prévoit également l'amélioration de la maintenance, de la réparation et de l'entretien des véhicules qui assurent la logistique de l'aide humanitaire dans les camps (construction d'un nouvel atelier de maintenance et évaluation des besoins en termes d'équipements spécifiques et de renforcement des capacités techniques et organisationnelles des personnels)

1 Direction Générale de l'aide humanitaire au sein de la Commission Européenne

 

Birmanie

 

Le second programme d'amélioration de la sécurité alimentaire dans 12 nouveaux villages de zones rurales enclavées de l'État Chin (ouest du Pays), débuté en septembre 2013 et financé par la France (AAP), se poursuit. Les actions de ce programme répondent à des besoins immédiats, visent à sécuriser l'accès aux denrées alimentaires des personnes les plus vulnérables et à augmenter les rendements agricoles des producteurs de la zone.
Les impacts des premières actions d'urgence vont pouvoir être pérennisés grâce au financement obtenu de l'AFD (Agence Française de Développement). Ce nouveau programme de développement, démarré en janvier 2014, a pour ambition de poser les bases d'une gestion durable et rentable des territoires villageois et d'améliorer ainsi durablement les conditions de vie des populations rurales de cette zone particulièrement enclavée. Les premières études visant à identifier plus précisément les perspectives de développement agricole et économique sur la zone sont en cours. La contribution financière de l'AFD ne s'élève qu'à 50% du montant global du programme, et TGH recherche aujourd'hui des partenariats techniques et financiers pour compléter le plan de financement.
TGH vient par ailleurs de soumettre deux notes succinctes à l'Union européenne. L'une vise à relancer le partenariat entre TGH et ECDC (association birmane portant assistance aux enfants porteurs de handicap). Ce projet permettrait de consolider les connaissances techniques d'ECDC, notamment en termes de réhabilitation à base communautaire, en zones périurbaines et rurales.
L'autre note succincte concerne une action auprès de foyers vulnérables des quartiers pauvres de Yangon, vivant de l'économie informelle. Elle vise à améliorer l'employabilité et les conditions de vie de ces foyers à travers le développement de formations professionnelles (dans le secteur de l'hôtellerie notamment), l'aide à la mise en œuvre d'activités génératrices de revenus, la mise en place de services sociaux et la formation des acteurs gouvernementaux et associatifs.

 

Congo Brazzaville

 

TGH et le Conseil Départemental du Pool viennent de signer un accord de partenariat pour la mise en œuvre d'un programme d'appui à la relance de l'élevage de ruminants dans ce département du sud du pays, à proximité de Brazzaville. Cette action d'une durée de 4 ans, financée par l'Union européenne (EuropeAid), vise à améliorer l'accès des agriculteurs aux moyens de production et leurs pratiques d'élevage, et à faciliter la vente des productions locales. Il prévoit notamment la distribution de bovins, ovins ou caprins à 310 éleveurs, leur formation aux techniques d'élevage et de gestion d'exploitation, la mise en place de trois magasins d'intrants d'élevage, et la construction de deux abattoirs aux entrées de Brazzaville. TGH travaillera également au renforcement des capacités en maîtrise d'ouvrage du Conseil, autorité locale responsable du département. Ce nouveau programme renforce le positionnement de TGH comme l'un des principaux acteurs internationaux dans le secteur du développement agricole, l'un des axes majeurs de la nécessaire diversification économique de ce pays producteur de pétrole, au potentiel agricole important mais sous-exploité. Le positionnement de TGH comme partenaire non signataire permet également au Conseil Départemental d'accéder directement à un financement international, tout en bénéficiant de l'appui de l'organisation pour sa mise en œuvre.

 

Corée du Nord

 

Dans le secteur de l'accès à l'eau et à l'assainissement, TGH vient d'entamer la seconde et dernière phase du programme de réhabilitation du réseau d'adduction d'eau de la ville de Sohung (sur financement de l'Agence suédoise de coopération internationale). L'évaluation de la construction des infrastructures et des activités de sensibilisation aux bonnes pratiques d'hygiène sont également prévues durant cette période. TGH est actuellement en pourparlers avec Oxfam Hong-Kong pour un soutien à ce programme, permettant l'extension du réseau d'eau et des infrastructures sanitaires au district 5 de la ville de Sohung. Dans le secteur de la sécurité alimentaire, les programmes de soutien à des fermes de production piscicole, laitière ou agricole sur financements européen (EuropeAid) et français (AAP) se sont terminés fin 2013. L'équipe travaille actuellement à l'identification de nouveaux projets en attendant la mobilisation de nouveaux financements par les bailleurs traditionnels de ce secteur.
TGH a démarré en janvier 2014 un programme financé par l'Union européenne sur la thématique 'acteurs non étatiques', qui vise à améliorer les conditions de vie des personnes âgées en Corée du Nord à travers le renforcement des capacités de la Fédération Coréenne pour les Personnes Agées (KFCA). Ce projet permettra de nouer un dialogue direct avec un organisme local non étatique qui a vocation à intervenir dans les discussions et les mécanismes décisionnels liés à la défense des droits des personnes les plus vulnérables. La subvention délivrée par le Comité Interministériel à l'aide alimentaire permettra d'apporter une aide alimentaire adaptée aux personnes âgées, et d'augmenter les capacités de production alimentaire des maisons de retraite. KFCA est également le partenaire opérationnel de mise en œuvre de cette action.

 

Kurdistan Iraquien

 

Grâce au financement provenant de l'argent du prix Nobel de la paix attribué à l'Union européenne en 2012 - Initiative européenne « Les enfants de la paix » - TGH a démarré un programme de soutien éducatif et psychosocial à destination des enfants réfugiés syriens vivant en banlieue d'Erbil, capitale du Kurdistan iraquien. Ces fonds, qui ont été octroyés par l'intermédiaire de la direction générale de l'aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO), ont permis l'ouverture d'un espace éducatif accessible gratuitement aux enfants réfugiés syriens depuis le 19 janvier 2014. A ce jour, 200 enfants de 6 à 11 ans sont inscrits et suivent des cours d'arabe, de kurde, de mathématiques et de sciences, et ont accès à des activités récréatives quotidiennes. En mars 2014, la Commissaire européenne Madame Georgiva est venue visiter le programme.

 

Laos

 

Dans le domaine de l'irrigation agricole, le programme d'appui aux autorités locales de la Province de Khammouane sur financement de la Région Rhône-Alpes (second volet du programme de renforcement des compétences techniques et analytiques des PAFO/DAFO2 entamé depuis de nombreuses années déjà) entre dans sa deuxième phase. TGH vient de signer un accord de mise en œuvre sur ce programme avec le ministère de l'Agriculture et des Forêts, ministère de tutelle du programme. TGH finalise actuellement la sélection de l'entreprise qui sera en charge de gérer les travaux de réhabilitation de la digue permettant d'améliorer toute l'irrigation de la zone. La Région Rhône-Alpes a accordé une subvention permettant le démarrage d'un programme d'amélioration des conditions d'accès à l'eau et à l'assainissement dans le district de Bualapha, (l'un des districts les plus isolés et pauvres de la province de Khammouane). Des pistes pour l'obtention de financements complémentaires sont actuellement explorées (notamment auprès de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse) afin de boucler le budget prévisionnel de ce programme d'une durée de 30 mois.

2 PAFO/DAFO : Province/District Agriculture and Forestry Office. Bureau de l'Agriculture et des Forêts au niveau de la Province ou du District.

 

République Centrafricaine

 

La persistance d'une situation chaotique près d'un an après le coup d'état a provoqué une pression internationale qui a poussé le président Michel Djotodia à la démission. Le 20 janvier dernier, le Conseil National de Transition a élu Catherine Samba-Panza, jusqu'alors maire de la capitale (Bangui), et un nouveau gouvernement a été constitué.

Ces changements à la tête de l'état ont été bien accueillis par la population et les factions en présence, mais n'ont pas eu d'impact manifeste sur la situation sécuritaire. Les anti-balaka, qui seraient désormais plusieurs dizaines de milliers, occupent à Bangui et dans tout l'ouest du pays le terrain laissé vacant par les ex-séléka refluant vers le nord. Malgré l'attitude plus combative des forces internationales, pour qui les anti-balaka sont désormais « les principaux ennemis de la paix », une partie d'entre eux continue à traquer et tuer les musulmans à Bangui et dans l'ouest du pays. La recrudescence de tensions intercommunautaires, la poursuite des exactions contre les musulmans et la fuite d'une grande partie de ceux-ci vers l'étranger ou vers le nord sont probablement les aspects les plus graves et les plus inquiétants pour l'avenir du pays.

La situation humanitaire, déjà préoccupante en 2012, a été considérablement aggravée par les épisodes successifs et la durée de la crise actuelle. L'ONU estime que le pays compte fin mars plus de 600 000 déplacés, dont environ 175 000 à Bangui, et que 2,5 millions de personnes (près de la moitié de la population) ont toujours besoin d'assistance dans les secteurs de base.

TGH travaille normalement dans plusieurs régions du pays, malgré un contexte sécuritaire très instable demandant une vigilance constante, et contribue à répondre aux besoins humanitaires de la population touchée par le conflit. Parmi les nouvelles interventions, à Bambari, ville de 45 000 habitants dans le centre du pays, TGH assure la chloration et l'aménagement de 30 puits traditionnels depuis fin février, avec le soutien du fonds humanitaire commun de l'ONU et du gouvernement français. L'organisation travaille en parallèle à la remise en route du réseau d'adduction d'eau potable de la ville, totalement saccagé au début du conflit. Dans le nord-est du pays, l'une des zones les plus touchées par l'insécurité alimentaire, les préparatifs sont en cours pour soutenir grâce à des semences et des outils plus de 9 000 ménages d'agriculteurs dans le cadre de la saison 2014, qui démarre en avril, à l'aide d'un financement du gouvernement français.

 

Soudan

 

Loin de voir une amélioration des conditions de vie des populations, la région du Darfour est en proie à une recrudescence des conflits. Ceux-ci n'opposent plus désormais les tribus « africaines » et « arabes », comme à l'origine, mais différents groupes armés, parfois anciens alliés. Bien qu'encore limités à des régions spécifiques, ces conflits tendent à affecter de plus en plus de zones dans chacun des cinq états du Darfour. Aux déplacements massifs de populations qu'ils génèrent (plus de 400 000 personnes durant l'année 2013), s'ajoute l'incapacité des parties en présence à trouver les modalités de règlement du conflit. Le Darfour s'affirme de plus en plus comme un sanctuaire pour des miliciens ne reconnaissant ni l'autorité de l'état qui les a employés comme auxiliaires, ni celle des chefs traditionnels des tribus auxquels ils appartiennent. Ces groupes, de mieux en mieux armés grâce aux pillages auxquels ils soumettent indistinctement civils, humanitaires ou autorités éloignent la perspective d'une solution durable à la crise, et font peser une menace réelle de déstabilisation sur les pays voisins : la crise centrafricaine en est un triste mais significatif exemple

 

Timor Leste

 

Le programme d'amélioration des conditions d'accès à l'eau potable et aux infrastructures sanitaires dans le district d'Oecusse, sur financements européen (EuropeAid) et français (AFD), se poursuit. Il entre dans sa dernière année de mise en œuvre durant laquelle les activités de création des infrastructures d'eau et assainissement par le renforcement des capacités des acteurs locaux impliqués dans ce domaine devront être concrétisées. Une saison des pluies particulièrement intense a entravé l'accès à différents sites d'intervention, une extension de trois mois de l'action est actuellement envisagée.
Le programme de renforcement des capacités des acteurs locaux non-étatiques et des ONG locales pour qu'ils apportent des réponses appropriées aux besoins des femmes et enfants victimes de violences domestiques a démarré en octobre dernier. L'équipe est en pleine discussion avec les partenaires (ONG timoraises de promotion des droits des femmes) pour préparer le lancement des activités du programme, financé par EuropeAid pour une durée totale de 36 mois. TGH est à la recherche de bailleurs susceptibles de prendre en charge le cofinancement requis.