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N°31 // Janvier 2016

Patrick Verbruggen

Par Patrick Verbruggen – Co-directeur

« Dieu se rit de ceux qui maudissent les conséquences des causes qu'ils chérissent. »
Cette citation, attribuée à Bossuet, paraît plus que jamais d'actualité lorsque ceux qui montrent en exemple nos modèles européens respectueux des droits de l'homme choisissent le repli sur soi et la peur de l'autre face aux milliers de femmes, d'enfants et d'hommes qui frappent à la porte de l'Europe parce qu'ils n'ont pas d'autre échappatoire à la peur, la souffrance et la mort...

En prenant la route des Balkans à la rencontre des migrants, mais aussi de ceux qui tentent de faciliter leur route (ONG, police, bénévoles, militants des droits de l'homme, agences des nations unies...), nous nous sommes mobilisés pour comprendre, pour agir.

Quelle que soit leur origine (afghane, syrienne, irakienne, soudanaise…), ces migrants partagent un sentiment de sécurité, même si leurs conditions d'exil restent source de stress. Avec l'arrivée de l'hiver,  très rude dans ces régions, et le tri opéré aux frontières selon les nationalités acceptables ou non à l'immigration, des milliers de personnes vont se retrouver bloquées dans des camps de fortune, autant de répliques du cauchemar de Calais.

Depuis 2011, seuls 4 % des réfugiés syriens ont trouvé asile dans les pays européens, alors que le Liban aura accueilli en décembre de cette année un quart de cette population, soit plus d'un million de personnes.

Nous ne sommes sans doute pas légitimes comme donneurs de leçons, mais il nous appartient de nous questionner sur nos devoirs vis-à-vis de ces populations en errance sur nos territoires, alors que nous nous efforçons jour après jour de les aider dans le cadre de nos mandats en Irak et au Soudan.

La mission de soutien auprès des réfugiés que nous exerçons depuis 1994 partout dans le monde nous amène à un unique constat : les populations qui migrent pour cause de guerre restent si elles le peuvent dans les pays limitrophes, dans l'espoir de retrouver leur pays et de le reconstruire.
L'action humanitaire peut agir sur les conséquences des guerres, mais seul le dialogue diplomatique entre Etats impliqués dans ces régions a le pouvoir de tarir la source des migrations.

Alors que plus de 4 millions de Syriens ont trouvé refuge en Turquie, en Jordanie, en Irak, au Liban ou en Égypte, et que 7,6 millions sont déplacés dans leur propre pays, il semble plus urgent que jamais que l'Europe, et au-delà l'ensemble des états concernés, prennent conscience qu'il est de leur responsabilité de trouver les ressources nécessaires pour résoudre cette situation dramatique, qui perdure depuis bien trop longtemps.

CONGO BRAZZAVILLE

Un récit de vie, par Julie Raulot, stagiaire Agro, Loukakou, Congo Brazzaville

Refectoire-du-centre-de-Loukakou-Brazzaville

Réfectoire du centre de Loukakou avec les stagiaires de la seconde promotion, le jour de la remise des kits d'installation, 22 octobre 2013
Photo : TGH ©

Après un parcours à l'Institut Supérieur d'Agriculture de Lille, Julie Raulot réalise actuellement un Master 2 en Développement Agricole à l'Université de Cergy-Pontoise. Elle a contribué à la mission de TGH au Congo Brazzaville en effectuant un stage dans le domaine du développement rural du 26 juin au 16 septembre 2015.

Le projet auquel Julie a pris part est un projet d'appui au FOJEP-Développement, forum congolais des Jeunes Entrepreneurs et Producteurs pour le Développement. Ce projet soutenu par la Commission européenne (Direction générale du développement et de la coopération - EuropeAid), la Banque mondiale et l'Ambassade de France au Congo, entend développer puis soutenir un centre de ressources rurales. TGH, aux côtés du FOJEP-Développement, a initié la construction de ce centre aux fins de formations et de fourniture de kits d'installation dans le domaine agricole.

Au sein de ce projet, Julie a principalement œuvré au renforcement des capacités des gestionnaires et personnels du centre. Elle a participé à l'amélioration de la gestion administrative et financière de la structure, ainsi qu'au suivi des procédures logistiques et à la mise en place d'outils adaptés. Julie a contribué au renforcement du personnel du centre dans l'analyse technico-économique des postes de production. Elle a aussi assuré des formations et élaboré des supports pédagogiques.

Loukakou

Non, je ne passerai pas mon été allongée sur une serviette au soleil, sur le sable de la Côte d'Azur !

Je peux enlever la serviette, le soleil, garder le sable, je suis arrivée : Loukakou.

« Arrêt à taabac au goudron s'il vous plaît !

Je vous laisse dans la descente, au niveau du conteneur, m'annonce le conducteur, autrement je consomme trop au redémarrage avec le Coaster ! »

C'est parti pour 2h23 de marche sur une piste ensablée et peu ombragée. Je traverse village après village, ma marche est cadencée par les salutations des villageois « Mboté Maman ! » qui ne manquent pas d'exprimer leur étonnement quant à la vue d'un « mundele » (blanc) à pied aussi loin de la capitale. Paraîtrait-il que je sois « mal garée ».  La fin du trajet se profile, mes  baskets sont saturées de sable et  pèsent 500 gr de plus qu'au départ ! De toute manière, je ne peux pas rater le centre. Le chemin à la sortie du village de Loukakou débouche sur une vue panoramique du site situé en contre-bas. De là, on peut voir les cinq étangs bien alignés et l'avancée de la construction du 6ème en forme de triangle comme un clin d'œil au partenariat FOJEP-D / Triangle GH. En parallèle, j'aperçois  la porcherie, et si je regarde bien, je peux même apercevoir Benette et Monique en train d'allaiter ! Pas si vite… avant de descendre pour aller rejoindre tous les stagiaires, je jette un dernier coup d'œil sur l'avancée des cultures de chef Abraham et Safoula. La couleur vert pâle des feuilles des haricots indique qu'ils n'ont pas été arrosés durant le week-end, ce qui fait pester Safoula.

Le centre est isolé mais c'est un petit coin de paradis, loin de l'agitation de la capitale. Là-bas pas d'électricité courante et peu de réseau, alors je laisse tomber l'ordinateur, le téléphone et je redécouvre le plaisir de la vie en communauté, loin de la vie en numérique.  Quand la nuit arrive, j'allume ma lampe à pétrole et je vais faire un tour au village pour prendre des nouvelles. Seuls les feux de bois présents devant chaque entrée permettent de repérer les différentes maisons dans l'obscurité. Loin de toute pollution lumineuse, je peux observer un ciel étoilé d'une remarquable beauté. Ma Berthie a été au champ toute la journée aujourd'hui et me promet de me donner un manioc demain, « il faut goûter à tout ! ». Toute la famille est fatiguée de sa journée de travail et j'entends souvent dire « aaah l'Afrique, c'est dur ! ». C'est vrai qu'il ne faut pas oublier que c'est dur, surtout pour tous ces gens qui sont contraints de vivre dans des conditions difficiles toute l'année.

Julie-Raulot

C'est déjà septembre, le soleil est revenu et il fait chaque jour un peu plus chaud. Dans quelques jours les pluies vont arriver, mais moi je dois repartir !

« Il faut revenir Julie, il y a plein de choses à faire pour l'Afrique ».

C'est promis, je pars, mais c'est pour mieux revenir. Ma dernière année d'étude va me permettre de développer d'avantage de compétences que je pourrais mettre au profit du développement et de la réduction des inégalités.

Bayo Loukakou, bayo le Congo !

Julie Raulot

TIMOR ORIENTAL

Mission d'évaluation sur l'île d'Atauro

Titulaire d'un Master 2 en droit humanitaire et d'un diplôme d'enseignement supérieur universitaire (DESU) de droits de l'homme appliqués, obtenus auprès de l'Institut d'Etudes Humanitaires de l'Université d'Aix-Marseille, j'ai débuté le 1er septembre dernier, un stage avec TGH. Venant en appui au responsable des missions menées en République Centrafricaine et au Timor Oriental, j'ai ainsi pu rapidement me familiariser avec ces contextes d'intervention extrêmement divers.

Représentation cartographique de l’île d’Atauro

Représentation cartographique de l’île d’Atauro

TGH a débuté son action au Timor Oriental en 2005 à travers un programme d'accès à l'eau potable et aux installations sanitaires. Aujourd'hui, TGH est reconnu comme l'un des acteurs internationaux majeurs en la matière. Forts de notre expérience, nous avons donc envisagé, en juin dernier, de réaliser une évaluation des besoins d'accès à l'eau et aux conditions d'assainissement et d'hygiène sur l'île d'Atauro. Située à environ 25kms au nord de Dili, Atauro est une petite île de 9000 habitants. Historiquement isolée de l'île principale du Timor, Atauro était utilisée, tant sous la domination portugaise qu'indonésienne, comme un lieu d'exil pour les résistants. Aujourd'hui, l'île reste quelque peu déconnectée du pays, les traversées depuis Dili étant peu nombreuses.

Arrivee-sur-ile-Atauro

Arrivée sur l’île d’Atauro, Beloi
Photo : TGH ©

Cette première mission d'évaluation, réalisée en juin dernier, confirmait l'existence d'importants besoins en eau, hygiène et assainissement, mais sa trop courte durée n'a pas permis une réelle estimation de ces besoins. Après de nombreux échanges avec le chef de mission de Triangle G H au Timor-Leste, qui terminait sa mission à la fin du mois d'octobre 2015, le responsable des missions au Timor-Oriental m'a proposé de participer à l'approfondissement de cette première évaluation. Quelques jours plus tard, le 27 octobre 2015, le chef de mission de TGH au Timor et moi-même sommes arrivés sur l'île d'Atauro.

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Réservoir central alimentant deux des quatre hameaux du village de Macadade
Photo : TGH ©

La phase préliminaire a été axée sur la rencontre avec divers acteurs locaux, parmi lesquels le responsable du Département public de l'eau et de l'assainissement, un délégué de l'organisation internationale World Fish, ainsi que des représentants de deux ONG locales à Vila, ville principale de l'île d'Atauro. Dotés d'informations supplémentaires, nous avons pris la route vers les montagnes du village de Macadade, 2400 habitants, considéré comme le village le moins développé de l'île. Macadade dispose d'un système d'eau dont l'efficacité est particulièrement réduite durant la saison des pluies, et environ 15% de la population dispose d'un accès à l'assainissement. Nous avons donc analysé l'essentiel du réseau de distribution d'eau, mais aussi les us et coutumes des populations.

Nous nous sommes également rendus dans le sous-village de Birao (rattaché au village de Macadade), situé au bord de la mer, afin d’évaluer la situation des pêcheurs.

Après cinq jours d'évaluation et d'échanges avec les autorités locales et la population, nous étions de retour à Dili, la capitale du Timor-Oriental. Les derniers jours de ma visite de terrain ont été consacrés au suivi du projet de TGH visant au renforcement de la société civile pour une meilleure protection des femmes et des enfants victimes de violence. Ce projet, d'une durée de trois ans, bénéficie de l'appui financier de la Commission européenne (Direction générale du développement et de la coopération - EuropeAid), de la fondation Raja Danièle Marcovici, ainsi que de l'ambassade de France en Indonésie et au Timor-Oriental. TGH collabore avec quatre associations locales que j'ai eu l'occasion de rencontrer lors de mon séjour.

Rencontre-avec-les-pecheurs-de-Birao

Rencontre avec les pêcheurs de Birao
Photo : TGH ©

Sensibilisation-des-acteurs-de-la-societe-civile

Sensibilisation des acteurs de la société civile à la protection des victimes de violences domestiques
Photo : TGH ©

Cette visite a permis d'évaluer plus amplement la situation du village de Macadade, en termes d'eau, d'hygiène, d'assainissement, mais aussi de sécurité alimentaire en vue d'une future proposition de projet. Elle a également permis l'évaluation de la mise en œuvre du projet relatif à la protection des femmes et des enfants victimes de violences, dont les résultats s'avèrent particulièrement probants.

Amélie Squercioni

ALGERIE

La réponse d'urgence de TGH en Algérie suite aux intempéries

Carte-Algerie.jpg

Mi-octobre 2015, les 5 camps de réfugiés sahraouis situés au sud-ouest de l'Algérie, non loin de Tindouf, ont tour à tour été touchés par des pluies diluviennes, provoquant  d'importantes inondations.

Bien qu'aucune victime n'ait été signalée, les dégâts matériels sont nombreux. Les habitations construites en terre et les tentes traditionnelles (jaïmas), peu résistantes aux fortes précipitations, ont été sévèrement endommagées. Les denrées alimentaires disponibles ont été perdues.

TGH, présent sur les camps sahraoui depuis 2001, est intervenu  en première urgence dans le camp de Dakhla (le plus isolé et le plus durement touché) par le biais d'une distribution d'eau et de pain et par l'achat et l'installation d'un câble électrique pour l'Hôpital National de Rabouni, dont une partie des services n'était plus alimentée. TGH a participé activement à la cellule de crise mise en place dès les premiers jours.

Inondation-dans-la-wilaya-Ausserd

Inondation dans la wilaya d’Ausserd, après la première nuit de pluies, le 18/10/2015
Photo : TGH ©

Dans un second temps, grâce au soutien du service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO) et à un financement de première urgence, TGH a mis en place un programme de construction de nouveaux logements plus résistants aux intempéries à destination des 370 familles ayant en leur sein une personne en situation de handicap ou une personne âgée dépendante. Un soutien est aussi apporté à toutes les familles présentes sur les camps par la distribution de 25 tonnes de dattes en complément du panier alimentaire de base.

Par ailleurs, en partenariat avec l'UNICEF, 74 tentes d'urgence ont été installées au cours du mois de novembre sur les différents camps, afin de reprendre des activités éducatives (57 tentes pour les écoles et jardins d'enfants) et celles liées à la santé (17 tentes pour les dispensaires et 1 tente pour la pharmacie centrale). Une évaluation est en cours pour déterminer la liste des écoles à reconstruire en priorité.

Pour plus d'informations sur nos projets, voir la rubrique Nos actions sur le site de TGH.

En Bref…

Le 06/10/2015 :
Note de plaidoyer concernant la « Résurgence des violences à Bangui : les populations prises au piège, les humanitaires pris pour cible » signée par 19 ONG, dont TGH.

Le 16/10/2015 :
De très fortes pluies et vents ont fortement touché le camp de réfugiés d'Ausserd, près de Tindouf. Le dimanche 18 octobre au matin, une visite sur place organisée par l'équipe de TGH a permis d'identifier les urgences et d'agir en conséquence. Un appel aux dons a été lancé par le consortium d'ONG présentes sur place, dont TGH.

Le 21/10/2015 :
Patrick Verbruggen, co-directeur de TGH est intervenu lors du 10ème Forum National des Associations & Fondations qui s'est déroulé au Palais des Congrès de Paris.

Le 31/10/2015 :
A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Alimentation, mais aussi de la visite en République Centrafricaine d'Annick Girardin, Secrétaire d'Etat chargée du Développement et de la Francophonie, TGH a présenté son action.

Le 02-03/11/2015 :
Serge Gruel, Responsable des missions Algérie, Kurdistan et Soudan, a participé aux États généraux de l'action humanitaire organisés par Humacoop à Grenoble.

Le 20/11/2015 :
A l'occasion de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant, la radio centrafricaine N'Deke Luka a mis en lumière le projet « Dispositif de protection des enfants des rues » de TGH, qui bénéficie de l'appui financier de l'UNICEF.

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Nous sommes heureux de vous annoncer que TGH est soutenu par @Anona – le don gratuit, la nouvelle plateforme de dons gratuits.

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