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Spéciale Kurdistan Irakien // N°27 // Octobre 2014

Spéciale Kurdistan Irakien

Edito

Par Christian Lombard, co-directeur

« Au moment de son enlèvement, David Haines répondait, avec d'autres expatriés et des Syriens, aux besoins vitaux de nombreux réfugiés dans le domaine de l'accès à l'eau potable, de l'alimentation et des produits de première nécessité. Cet assassinat est la négation du droit comme du devoir humain d'accéder aux populations en danger pour les secourir. Rappelons que l'aide humanitaire est délivrée sur la base des seuls besoins urgents sans considération d'aucune sorte, qu'elle soit politique, ethnique, religieuse ou autre. En assassinant David Haines, c'est l'aide humanitaire elle-même et les populations qui en ont le plus urgent besoin auxquelles on s'attaque en Syrie, en Irak, comme ailleurs dans le monde. »

Ce texte est extrait du communiqué de presse publié par la Coordination Humanitaire et Développement (CHD) le 14 septembre dernier, date de l'assassinat de David Haines.

Outre l'indignation qu'il a provoquée bien au-delà de la communauté humanitaire, ce meurtre inqualifiable est l'un des signes de la détérioration croissante des conditions d'intervention que l'action humanitaire observe depuis plusieurs années.

Selon les informations publiées par la Base de données sur la sécurité des travailleurs humanitaires (Humanitarian Outcomes), l'année 2013 répertorie 460 victimes (155 tués, 171 blessés graves et 134 kidnappés), soit une hausse de 66 % sur l'année précédente. Un niveau record, et une tendance inquiétante qui se maintient en 2014 avec 79 décès entre janvier et la mi-août, soit davantage que pendant toute l'année 2012.

Alors que les crises se multiplient et s'inscrivent dans la durée, l'aide humanitaire constitue une absolue nécessité. A l'heure où notre socle humaniste est ébranlé, il est temps d'opposer à la barbarie, bien plus qu'une coalition, un véritable pacte d'humanité porté par les nations, à commencer par la restauration pleine et entière des règles du droit international humanitaire.

Quand les mises à mort se succèdent dans une série de tableaux médiatiques abjects, ce sont les fondements même de notre humanité qui sont atteints. Dans ce contexte, la communauté internationale doit faire de ses priorités ; le respect du droit humanitaire, le dialogue entre les peuples, la recherche de solutions communes et durables dans une véritable dynamique de progrès.

TGH au Kurdistan Irakien : une mission d'urgence dans un contexte tendu

Le récent engagement français dans la lutte contre l'État Islamique, les exécutions de journalistes et d'humanitaires, ou encore les menaces de vengeance diffusées en boucle à la télévision, ont remis l'Irak à la une de l'actualité mondiale.

La région du Kurdistan irakien dans le nord du pays est particulièrement impactée par l'avancée fulgurante et ultra violente de l'E.I, qui revendique désormais un territoire de part et d'autre de la frontière Irak-Syrie. Erbil, la capitale kurde, seul îlot encore sécurisé de la région, est devenue la base arrière des ONG, de la presse, de l'armée, mais aussi un lieu d'asile pour plus de 215.000 réfugiés syriens et 850 000 déplacés irakiens fuyant la barbarie.

Le Kurdistan est aussi un endroit fort de signification pour TGH, qui y a fait ses premiers pas en développant des programmes dès les années 90, et auquel elle demeure encore très attachée.

Famille irakienne déplacée à Daratoo
  Famille irakienne déplacée à Daratoo
  Photo : TGH ©

« C'est tout naturellement que nous nous sommes rendus de nouveau au Kurdistan en février 2013, dans l'optique de participer à l'aide en direction des réfugiés syriens. Cette première visite à abouti à un programme d'accueil des enfants syriens réfugiés, mené avec une ONG locale syrienne. Il s'agit d'un établissement dans lequel les enfants sont scolarisés, et bénéficient d'un suivi psychosocial », explique Anne Tréhondart.

Les fonds nécessaires à la réalisation de ce programme ont été octroyés par la direction générale de l'aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO), grâce au financement provenant de l'argent du prix Nobel de la paix attribué à l'Union européenne en 2012 - Initiative européenne « Les enfants de la paix ».

L'immense majorité des 250 enfants qui vont à l'école chaque jour a fui la Syrie dans des conditions extrêmes, n'emportant avec elle que le strict nécessaire. Le traumatisme de l'exil vient s'ajouter pour ces enfants aux difficultés du quotidien.

Parer au plus urgent… en attendant les moyens financiers

Tout s'est accéléré à Erbil lorsque l'E.I a fait son entrée sur l'échiquier : « Auparavant, nous avions des déplacements de populations importants mais pas ultra-massifs. Mais début août, l'avancée spectaculaire de l'État Islamique a généré des vagues massives de déplacés qui sont arrivés par centaines de milliers sur Erbil et Dohouk, » - ville située plus au nord.

Erbil-Triangle-G-H
  Erbil -   Photo : TGH ©

Erbil est une ville moderne, avec ses buildings, ses chantiers permanents, ses grandes avenues… C'est dans un quartier périphérique de la capitale que la plupart des déplacés ont posé leurs quelques bagages, certains ayant les moyens de louer des appartements, la plupart devant se contenter de bâtiments publics abandonnés ou d'écoles –fermées en août- comme habitat provisoire.

« Le premier besoin que nous avons identifié à ce moment était ce qui concernait l'accès à l'eau et l'assainissement. Nous avons donc assez rapidement mis en place des distributions d'eau potable (80 000 litres par jour) et des rotations pour vider les fosses septiques. Cela peut paraître très basique, mais l'accès aux latrines est essentiel » - en particulier dans des endroits surpeuplés où le manque d'hygiène peut vite tourner au drame sanitaire.

TGH travaille actuellement dans 12 écoles de ce quartier, où survivent quelque 4500 personnes en attente de solutions d'hébergement ou de la possibilité d'un retour. « Les écoles étaient censées rouvrir le 10 septembre, donc cela fait trois semaines que les enfants kurdes n'ont pas accès à leurs écoles qui sont par ailleurs pas mal endommagées… Que vont devenir ces déplacés ? Où vont-ils aller ? » - se demande Anne, qui souligne la lenteur de la réponse humanitaire sur place, en raison des financements qui tardent à se débloquer.

Dès le début de la crise pourtant, l'Arabie Saoudite a débloqué 500 millions de dollars en direction des Nations Unies, qui ont pour mandat de contracter des partenaires opérationnels sur le terrain…

Dans l'urgence du mois d'août, la région Rhône-Alpes a octroyé à Triangle GH 40.000 euros pour faire face à l'urgence, une goutte d'eau dans l'océan si l'on considère les besoins chaque jour plus criants des populations déplacées, dont la situation plus que précaire peut devenir explosive.

« Sur le plan d'urgence, nous estimons nos besoins à environ 300.000 euros, et à 400.000 euros pour accompagner 600 familles cet hiver » - une saison particulièrement rude dans cette région du monde.

Des camps en construction devraient ouvrir rapidement, mais les écoles sont encore inaccessibles aux élèves kurdes. Malgré l'immense élan de solidarité dont ont fait preuve les Kurdes d'Irak à l'égard de leurs infortunés voisins, les tensions commencent à se faire sentir dans une région hôte qui subit elle aussi de plein fouet la crise.

« L'idée maintenant, c'est de continuer à accompagner les gens avec des services de base tant qu'ils squatteront les écoles, puis de les suivre, soit lorsqu'ils seront hébergés ailleurs, soit lorsqu'ils rentreront chez eux, en répondant à leurs besoins prioritaires. Nous voulons également remettre les écoles en état, fournir des conditions de vie décentes aux déplacés (produits de première nécessité, chauffage, relance des activités économiques), et mettre en place des programmes en direction des deux communautés afin d'éviter les tensions ».

Photo : TGH

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Photos : TGH

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Une situation sécuritaire instable.

Pour le moment, Erbil demeure un lieu sécurisé. Toutefois, la menace est toute proche, certaines lignes de front ne se situent qu'à quelques encablures de la capitale Kurde. Les menaces visant en particulier les ressortissants français, du fait de l'engagement du pays dans la coalition, n'améliorent pas les perspectives.

« Nous savons que la Jordanie et le Kurdistan font partie des pays cibles dans lesquels il y a déjà eu des messages d'alerte très clairs des agences de sécurité, et nous ignorons dans quelle mesure l'armée kurde pourra contenir l'E.I. Même si la situation sécuritaire est pour le moment acceptable, les menaces pour les humanitaires en termes de kidnapping ou d'attentats ne sont pas à prendre à la légère. Il y a vraiment un risque de voir se développer au Kurdistan ce qui existe dans des villes comme Bagdad ou comme celles fraîchement reprises par l'armée kurde, qui sont régulièrement cibles d'attentats. »

Face à un casse-tête sécuritaire particulièrement contraignant, TGH fait en sorte de mener sa mission avec du personnel local, évitant ainsi la menace qui pèse sur les travailleurs expatriés : « Heureusement en Irak, il y a des compétences réelles pour faire ce type de travail, et nous avons la chance de n'avoir aucun problème avec les autorités locales qui sont particulièrement ouvertes à notre présence. Nous discutons avec eux des projets que nous voulons mettre en place, ils nous conseillent, sont attentifs à ce que l'aide humanitaire soit bien organisée… dans ce genre de contexte, c'est quelque chose de rare ».

Il est pour l'instant extrêmement difficile de présager de l'avenir de ces populations : « il faut bien avouer qu'on navigue à vue, d'un point de vue militaire on ignore comment cela va finir, on ne sait pas combien de temps les déplacés resteront ici, et le plus probable c'est que leur nombre ira grandissant dans les semaines à venir. Notre ultime objectif est bien entendu de pouvoir les raccompagner chez eux lorsque nous serons sortis de la crise, mais personne ne sait dans quel état ils retrouveront leur pays ou région d'origine »…

Portrait Sanad Anis

Sanad en a vu d’autres. A 42 ans, il a déjà une solide expérience du travail auprès de populations déplacées ou réfugiées, de ces milliers de civils passant d'une frontière à une autre pour fuir les violences qui frappent leurs pays devenus hostiles.


Sanad Anis
  Sanad Anis

Originaire du Yémen, il travaille depuis plus de 15 ans avec TGH. Une aventure qui a commencé en septembre 1998, quand il se rend utile dans son propre pays où l'ONG vient tout juste d'ouvrir un programme d'assistance à 8000 réfugiés somaliens, échappant à la guerre dans leur pays.

« Au départ, j'étais un simple assistant administratif, mais j'ai rapidement été promu administrateur, puis assistant chef de mission en 1999 », résume Sanad, que rien ne prédestinait vraiment à travailler dans l'humanitaire.

« Avant TGH, je travaillais dans l'hôtellerie pour une grande compagnie suisse. Évidemment, ça a été un changement radical pour moi de passer du secteur privé, du business, au milieu humanitaire. Mais j'avais des amis qui travaillaient dans la solidarité internationale et plus je les entendais parler, plus je m'intéressais aux actions de terrain… j'avais simplement besoin de changer ».

Pendant de nombreuses années, il a donc suivi, et « rempilé » de missions en missions pour voir se développer les activités de TGH au Yémen.

« Et maintenant je suis là », dit il en riant. Là, c'est au Kurdistan irakien, une région réapparue à la une de l'actualité mondiale, frontalière de la Syrie, où sévit le groupe armé État Islamique, et dont la capitale, Erbil, encore préservée, accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés syriens.

Avec simplicité, Sanad raconte son expérience - qui a débuté au mois de juin - en relativisant toujours : « Pour être honnête, la situation n'a rien d'étrange pour moi. C'est un public dont j'ai l'habitude et il faut dire qu'au Yémen le travail était particulièrement difficile. Ici je me sens assez à l'aise, même si le fait d'être un étranger n'est pas évident. Au Yémen, ma connaissance du terrain était un atout, j'avais énormément d'informations, de contacts… ici il faut tout construire ».

Arabophone et anglophone, il fait partie de ces staffs expatriés mais non français dont on parle peu, mais qui sont pourtant la clé de voute de nombreuses missions d'ONG à travers le monde. Un atout que reconnaissent bien volontiers ses collègues français : « Un Sanad passe souvent mieux qu'un petit breton dans certains pays ! », raconte avec humour et réalisme l'une d'entre eux.

En charge d'une vingtaine de personnes, le chef de mission vit au rythme d'une actualité floue et incertaine, ne sachant jamais vraiment à quoi s'attendre du jour au lendemain : « Ce qui est sûr, c'est que la situation risque d'empirer, et nous attendons encore beaucoup d'autres personnes » - en plus des centaines de milliers de déplacés qui hantent le moindre toit abandonné d'Erbil, en attente de pouvoir rentrer chez eux. « 150.000 personnes ont passé la frontière turque ces derniers jours, cela ne laisse rien présager de bon pour notre secteur », explique t-il.

Expérimenté, « fait pour le job », Sanad n'en est pas moins un homme, un mari et un futur père, et lorsqu'on lui demande si la distance lui pèse il répond en riant « S'il vous plait, ne me rappelez pas à quel point c'est difficile ! ».

Là bas, en France, où il vit depuis 2012, un petit « est en route » pour le mois de mars, de quoi rappeler à quel point ce métier « de voyage », « d'aventure », peut aussi être un sacerdoce lorsqu'il exige de rester loin de ceux que l'on aime.

Tous les trois mois toutefois, il passe un peu de temps auprès de son épouse, qui travaille elle aussi dans l'humanitaire… « Une belle histoire de famille », en somme.

En bref…

 

Algérie

 

Pendant l'été, l'équipe de TGH a poursuivi la mise en œuvre de ses programmes dans les campements sahraouis. La gestion de l'atelier mécanique, qui fait partie des programmes financés par l'UNHCR, revêt une importance particulière pendant l'été car la maintenance des véhicules est rendue plus difficile en raison des grandes chaleurs qui les affectent et impliquent une autre organisation du travail, alors même qu'il est impératif de continuer à répondre avec la même qualité aux besoins humanitaires des réfugiés sahraouis.
Les autres activités de TGH, à savoir la gestion des bases de Weather Haven et Dakhla, la fourniture de produits d'hygiène essentiels (savons, kits hygiéniques, eau de Javel) et le soutien aux établissements médicaux existant dans les camps de réfugiés se sont poursuivis tout l'été.
En mai 2014, un nouveau programme financé par la DG-ECHO a démarré, dans la continuité du précédent.
Il vise en premier lieu à poursuivre la fourniture de matériels paramédicaux de confort et de mobilité aux personnes handicapées vivant dans les camps, le programme précédent n'ayant permis de fournir ce matériel que dans les camps de Boujdour et Aoussert. Ce nouveau programme permettra également de consolider la formation des intervenantes sociales qui accompagnent au quotidien les personnes handicapées et leurs familles, ainsi que de leurs référents du ministère à l'Action Sociale et de la Promotion de la Femme. L'été a permis de lancer l'appel d'offres pour l'achat du matériel nécessaire, et d'affiner l'évaluation des besoins des personnes handicapées des camps de Smara et Dakhla.
Ce programme comporte également deux nouvelles composantes. La première est le début de la construction d'un nouvel atelier mécanique, qui remplacera l'actuel, désuet au niveau des infrastructures comme de l'équipement. Cette construction sera finalisée au cours d'un futur programme. Cette action sera accompagnée d'un renforcement des capacités techniques et de management du personnel. La seconde vise le maintien d'un environnement sécuritaire acceptable permettant de poursuivre les interventions humanitaires auprès des réfugiés sahraouis. TGH a accepté d'encadrer administrativement le personnel assurant la garde des bases de vie et de travail des travailleurs humanitaires.

 

Birmanie

 

Les programmes de sécurité alimentaire et de développement rural, financés par la France (AAP et AFD) dans la zone rurale enclavée de l'État Chin (ouest du pays) se poursuivent. La saison des pluies et les contraintes d'accès ont causé quelques petits retards dans la mise en place de certaines activités. Le programme d'urgence (sur financement AAP) devrait se terminer d'ici la fin de l'année en atteignant les objectifs fixés (sécurisation de l'accès aux denrées alimentaires des personnes les plus vulnérables et augmentation des rendements agricoles des producteurs de la zone), tandis que le programme de développement (sur financement AFD) se poursuivra l'année prochaine. Les recherches de partenariats financiers se poursuivent afin de compléter le plan de financement du programme de développement. Devant l'ampleur des besoins, TGH étudie d'ores et déjà, avec l'aide de son partenaire local AYO, les futures interventions opérationnelles qu'il serait pertinent de mener à la suite de ces deux actions.
TGH poursuit également les études de faisabilité concernant la mise en place d'un centre de formation professionnelle dans le domaine de l'hôtellerie et de la restauration, visant à permettre l'intégration sociale de jeunes gens défavorisés. Des discussions avec les autorités locales en charge du secteur, mais également avec les autorités françaises sur place (très impliquées sur cette thématique), sont en cours. TGH est aujourd'hui à la recherche des partenariats techniques et financiers qui pourraient lui permettre de rendre ce projet opérationnel.
TGH mène actuellement des réflexions sur l'amélioration de ses outils et méthodes internes liés à la gestion des partenariats (qu'ils soient techniques ou financiers). La mission de TGH en Birmanie a récemment fait l'objet d'une évaluation externe qui a permis d'étudier concrètement les différentes approches partenariales employées, et d'identifier les principaux leviers d'amélioration de la gestion de ces partenariats. Cette évaluation a été réalisée par le cabinet ARGON Consulting dans le cadre d'un mécénat de compétences.

 

Congo Brazzaville

 

TGH poursuit son action de renforcement des capacités de Caritas Congo et du FOJEP dans le domaine du développement rural.
Dans le secteur de la protection, le projet mis en œuvre avec le réseau d’association congolais REIPER est directement appuyé par le ministère des Affaires Sociales.
Une antenne mobile chargée de couvrir une partie des besoins des enfants des rues sur leurs lieux de vie devrait voir le jour au dernier trimestre 2014. 1000 enfants sont directement ciblés par le programme.

 

Corée du Nord

 

Dans le secteur de l'accès à l'eau et à l'assainissement, TGH est en phase de finalisation du programme de réhabilitation du réseau d'adduction d'eau de la ville de Sohung (sur financement de l'Agence suédoise de coopération internationale, SIDA). Ce projet a bénéficié d'un financement supplémentaire d'Oxfam Hong-Kong permettant l'extension du réseau d'eau potable au district 5 de la ville, ainsi que la construction d'infrastructures sanitaires supplémentaires, en particulier dans les écoles. Les travaux sont en voie d'achèvement et l'équipe finalise l'évaluation des activités de sensibilisation aux bonnes pratiques d'hygiène.
Dans le secteur de la sécurité alimentaire, l'équipe de TGH a mené une évaluation sur deux nouvelles fermes piscicoles, dans la province de Pyongan du Nord et la zone administrative de Nampo, afin d'améliorer la sécurité alimentaire des jeunes enfants de ces régions. Le projet identifié consiste à implanter dans ces deux fermes le système de pisciculture intégrée précédemment introduit dans deux fermes de la province de Hamhung Nord. Ce programme, mené en partenariat avec le Bureau Aquacole, repose sur un système demandant peu d'intrants externes et permettant une augmentation rapide de la production. Il vise, en plusieurs étapes, à augmenter la production piscicole dans les fermes grâce à un système intégré agriculture-élevage-pisciculture, à améliorer le circuit de distribution logistique partant des fermes vers les institutions pour enfants, et les pratiques de conservation et de préparation du poisson au niveau des institutions, en optimisant les équipements et les connaissances. Ce programme a été proposé à l'Union Européenne.
Enfin, un programme a débuté en janvier 2014 sur la thématique ‘acteurs non étatiques' de l'Union Européenne, destiné à améliorer les conditions de vie des personnes âgées en Corée du Nord à travers le renforcement des capacités de la Fédération Coréenne pour les Personnes Agées (KFCA). Une première phase permettant de réévaluer les besoins plus en détail avec le partenaire, de planifier plus précisément les activités et leur méthodologie, et de construire les bases d'un partenariat transparent et équilibré s'est déroulée pendant le premier semestre 2014.
Une subvention accordée par le Comité interministériel à l'aide alimentaire a permis d'apporter une aide adaptée aux personnes âgées, et d'augmenter les capacités de production alimentaire des maisons de retraite. KFCA est également le partenaire opérationnel de mise en œuvre de cette action.

 

Laos

 

Dans le domaine de l'irrigation agricole, le projet mis en œuvre dans la Province de Khammouane sur financement de la Région Rhône-Alpes se poursuit : le barrage été réalisé lors de la première phase et les travaux vont débuter sur le canal d'irrigation. Dans le domaine de l'Eau, Hygiène et Assainissement, le programme démarré en mai 2014 atteint la fin de sa phase préliminaire. TGH finalise actuellement le dossier d'appel d'offres pour les forages et les latrines. Ces travaux restent suspendus à l'accord de partenariat avec les autorités locales, qui est en cours de finalisation.

 

Philippines

 

La mise en œuvre d'un premier programme de réparation des embarcations des pêcheurs et d'achat d'équipements à Sulangan, grâce au financement de la Fondation de France et du Centre de Crise, a permis une reprise rapide des activités de pêche. La phase de construction de nouveaux bateaux, achevée, a doté la communauté de 70 bateaux de moyenne et grande tailles. L'évaluation individuelle des bénéficiaires, réalisée au début de l'action, a fourni à TGH  des données précises sur les besoins réels en termes de pêche, mais également en termes d'activités complémentaires (petit commerce, artisanat et autres activités génératrices de revenus).
Le retrait progressif de l'aide humanitaire (arrêt des distributions alimentaires et non-alimentaires, départ de certaines ONG à la fin de la phase d'urgence) et la transition entre les phases d'urgence et de réhabilitation entraînent des problématiques nouvelles. En effet, certains foyers dépendaient jusqu'alors de l'aide humanitaire déployée à la suite du typhon Yolanda, et n'ont pas pu retrouver leurs moyens de subsistance. Face à cette situation, l'appui à la mise en place de sources de revenus autonomes au cours des prochains mois apparaît aujourd'hui comme une priorité dans les zones affectées par le typhon Yolanda.

 

République Centrafricaine

 

Catherine Samba-Panza, nouvelle présidente, doit piloter la transition jusqu'aux élections, prévues pour début 2015. Malheureusement, le gouvernement reste dépassé par l'ampleur des nombreux défis : la sécurisation du pays, le désarmement et la démobilisation des combattants, la crise humanitaire qui ne cesse de s'aggraver y compris à Bangui, la restauration de l'administration ou encore les réformes judiciaires, économiques et sociales.

A ces défis s'ajoutent des tensions à caractère communautaire sans cesse croissantes entre milices d'auto-défense « anti-balaka » - composées en majorité de chrétiens - et les membres de l'ex-Séléka, majoritairement musulmans. Au printemps 2014, la minorité musulmane en a payé plus particulièrement le prix, mais l'ensemble de la population est victime des massacres, exactions, déplacements, regroupements forcés, pillages. Dans leurs mouvements de repli, les ex-Sélékas pratiquent la politique de la terre brûlée et procèdent à des exécutions sommaires. Les anti-Balakas prennent ensuite les villes abandonnées par les ex-Sélékas, et ciblent les communautés musulmanes qui se retrouvent piégées, comme c'est le cas dans plusieurs villes de l'ouest du pays.

A la mi-mars 2014, le pays comptait, selon les Nations Unies, 600 000 personnes déplacées : 177 000 réparties sur 49 sites à Bangui, 15 000 issues de la minorité musulmane considérées comme « étant en danger », et 280 000 réfugiés qui auraient rejoint les pays voisins (80 000 au Tchad, 126 000 au Cameroun, 11 000 au Congo Brazzaville et 62 000 en République démocratique du Congo).
Le déploiement de la mission de maintien de la paix pour prendre le relais de Sangaris et de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA), à débuté le 15 septembre. Sangaris accompagnera le déploiement des casques bleus jusqu'en début d'année 2015.

Acteur humanitaire majeur en RCA, TGH a continué d'étendre ses activités tout au long de l'année 2014, et a développé un programme d'urgence auprès des populations déplacées et réfugiées, sur les secteurs de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement, de la sécurité alimentaire, de l'éducation et de la réhabilitation de routes et d'infrastructures. Ces actions sont mises en œuvre dans les préfectures de la Ouaka et de la Vakaga, où les nombreux affrontements provoquent des déplacements massifs de population.

A Bangui, l'organisation continue d'intervenir dans le secteur de la protection à travers un projet de prise en charge des enfants de la rue, tout en contribuant au renforcement des capacités d'un réseau d'associations locales spécialisées dans ce domaine. TGH à pour objectif de développer les activités dans le secteur de la protection dès le début d'année 2015.

L'équipe actuelle est composée de 14 personnels expatriés et 100 personnels nationaux, répartis sur les différentes bases opérationnelles (Bangui, Bambari, Grimari, Birao).

En RCA, TGH est notamment soutenu par l'Union Européenne, l'UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial, l'ambassade de France, le ministère français des Affaires Étrangères et l'Agence Française de développement.

 

Soudan

 

Malgré une recrudescence majeure des conflits au Darfour, TGH a pu ces derniers mois consolider son intervention, grâce au soutien renouvelé de plusieurs bailleurs et à l'obtention de nouveaux contrats de financements, combinant des interventions d'urgence pour répondre au plus vite aux besoins des personnes nouvellement déplacées ou affectées par des crises et une approche à plus long terme par le renforcement des capacités des acteurs locaux et l'amélioration des capacités de résilience des populations. Plus concrètement, il s'agit d'actions financées par les bailleurs d'urgence habituels (DG ECHO notamment) pour permettre la constitution de stocks d'urgence et la mise en place d'une réponse rapide aux besoins humanitaires essentiels (accès à des infrastructures d'eau et sanitaires, à des biens de première nécessité, à une agriculture de base) avec en parallèle des projets d'une durée plus longue (2 à 3 ans) permettant de consolider le transfert de la gestion des infrastructures d'eau et assainissement aux acteurs locaux (WES, comités de gestion de l'eau, communautés bénéficiaires) et de mettre en œuvre des solutions pérennes pour améliorer les moyens de subsistance des populations.

Pendant l'été, l'équipe de TGH a par ailleurs apporté une assistance d'urgence aux populations de Foro Boranga, affectées par des inondations, en leur fournissant des produits de première nécessité et en participant à la réponse WASH.

 

Timor Leste

 

Démarré en mai 2011, le programme d'amélioration des conditions d'accès à l'eau potable et aux infrastructures sanitaires mis en œuvre dans le district d'Oecusse s'est terminé en août dernier. Grâce à ce projet, 13 villages ruraux représentant plus de 10 000 personnes bénéficient à présent d'un accès pérenne à l'eau potable, et ont participé à des actions de sensibilisation visant à l'amélioration des pratiques liées à l'hygiène et à l'usage de l'eau. Par ailleurs, des latrines familiales améliorées ont été construites pour plus de 8 000 familles. Enfin, TGH a animé des sessions de formations spécifiques en continu auprès des personnels des services provinciaux de l'eau et de l'assainissement et des membres des comités villageois de gestion de l'eau. Ces formations ont permis une prise en charge des différentes infrastructures nouvellement construites en vue d'une maintenance et d'une amélioration des équipements sur le long terme.

Par ailleurs, TGH continue la mise en œuvre de son programme de renforcement des capacités des acteurs locaux non-étatiques et des ONG locales dans le but d'apporter des réponses appropriées aux besoins des femmes et enfants victimes de violences domestiques, très répandues au Timor Oriental. Suivant l'évaluation du PNUD, près de 40% des femmes sont victimes de violence. 86% des femmes et 81% des hommes estiment qu'un mari a légitimement le droit de battre sa femme. Depuis 2010, le gouvernement a adopté une loi destinée à lutter contre les violences domestiques, mais les droits sont méconnus et l'accès à une aide juridique est très limité.

Dans le cadre de ce programme, TGH collabore avec des associations locales et les autorités timoraises, dont les mandats et méthodes d'intervention, bien que pertinents, manquent de moyens financiers, de compétences de gestion et, pour les acteurs de terrain, de formations techniques. Il n'existe actuellement aucune formation universitaire dans le domaine social, et tous les travailleurs sociaux se basent sur leur propre expérience, sans aucune base théorique dans le domaine psychosocial ou de gestion de projet.

Cette action a donc pour objectif d'améliorer les capacités organisationnelles et managériales de 4 associations timoraises partenaires, d'améliorer la qualité de la prise en charge des victimes, de mettre en place des activités permettant la réinsertion socioéconomique et de sensibiliser la population timoraise sur les droits des enfants et des femmes sur les dispositifs de protection existants.