Menu outils Menu outils Recherche interne au site English version
Recherche interne au site English version
Rechercher dans le site           
Lancer la recherche

Résultat de la rechercheRefermer la recherche interne

TitreNewsLetter
N°33 // Septembre 2016

Dans cette newsletter n°33, nous vous parlons de la scolarisation des enfants syriens et irakiens, réfugiés et déplacés dans la région autonome du Kurdistan au nord de l'irak. Ce programme en particulier et plus généralement l'éducation dans l'urgence sont au cœur de nos priorités. Nous vous parlons également de l'aide alimentaire que nous apportons à 3 000 familles ukrainiennes qui vivent dans les zones rurales à proximité de la ligne de front. Ce conflit dont on parle assez peu à déjà fait plus de 9 000 morts et déplacé 1,5 millions de personnes dans le pays. Enfin vous pourrez prendre connaissance du soutien apporté par TGH à la Fédération nord-coréenne pour la prise en charge des personnes âgées.

KURDISTAN IRAKIEN

Soutenir l'éducation des enfants réfugiés et déplacés au Kurdistan irakien : une priorité parmi les urgences

La région autonome du Kurdistan irakien a accueilli depuis 2011 près de 250 000 réfugiés, fuyant l'escalade d'un conflit à l'origine d'une crise humanitaire majeure.
En 2014, des milliers d'Irakiens contraints de fuir l'avancée de l'État islamique sont venus grossir les rangs des populations déplacées dans la partie kurde du pays. Depuis, les vagues de déplacements vers le Kurdistan se sont poursuivies au gré des évolutions des conflits syriens et irakiens, et de nouveaux mouvements semblent se dessiner dans les mois à venir.

Kurdistan irakien projet « cash for education

Equipe assessment projet « cash for education » – Erbil – Kurdistan irakien
Photo : Elisa Piat - TGH ©

Soutenir les populations syriennes et irakiennes dans une région sous pression et face à des familles sans ressources implique une réponse vaste et complexe. L'attention des acteurs de l'aide se focalise souvent sur la couverture de besoins jugés vitaux comme l'accès aux soins, à l'alimentation ou à l'eau, mais d'autres aspects sont également primordiaux pour permettre aux populations de retrouver des conditions de vie décentes et d'envisager à plus long terme sortie de crise et reconstruction.

L'éducation joue un rôle essentiel dans le retour à la paix, la reconstruction sociale et politique, la relance économique d'un État ou d'une région fragilisée. Beaucoup d'enfants et d'adolescents manquent d'un environnement sécurisant et stable pour se construire. L'accès à l'éducation leur offre de nouvelles perspectives d'avenir, réduisant ainsi le risque de vulnérabilité induit par la violence et la manipulation idéologique, propices à l'enlisement dans la crise et à la radicalisation. L'éducation est aussi un facteur de stabilisation des familles, essentielle dans un contexte marqué par des mouvements permanents de population. Enfin, le cadre éducatif est créateur de lien social, il amène les populations à se rencontrer, échanger et trouver ensemble les moyens et les ressources pour reconstruire une société multiculturelle.

Au Kurdistan, le système éducatif, déstabilisé par l'arrivée massive de nouvelles populations, manque de places dans les écoles pour scolariser l'ensemble des enfants. Les problématiques administratives, la barrière de la langue pour les familles arabophones, les déplacements successifs, les contraintes financières, l'enjeu sécuritaire, l'appui des enfants à la vie voire au revenu du ménage ou encore une trop longue période hors de l'école contribuent également à freiner la scolarisation des enfants.

Convaincue de l'enjeu que représente le soutien à l'éducation dans les situations d'urgence, TGH a souhaité poursuivre son accompagnement à la scolarisation des enfants des familles réfugiées syriennes et déplacées irakiennes installées dans le Gouvernorat d'Erbil. En complémentarité au programme mené avec le soutien de la DG ECHO (le service de l'Union Européenne à l'aide humanitaire et à la protection civile) depuis 2015, un nouveau programme de 16 mois a été élaboré en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) pour proposer aux familles une aide financière et un appui aux démarches. Il repose sur une solide connaissance des populations bénéficiaires et de leurs besoins, acquise durant la mise en œuvre pendant 5 mois (novembre 2015 - avril 2016) d'un projet pilote similaire dans plus de 10 villes du Gouvernorat. L'équipe du programme 'Cash for Education' poursuit son soutien aux familles identifiées dans ce programme pilote, et étend l'assistance apportée à de nouveaux bénéficiaires déscolarisés. 

Kurdistan irakien projet « cash for education

Assessment d'une famille syrienne par l'équipe de TGH - Koya (Gouvernorat d'Erbil) - Kurdistan irakien
Photo : Camille Attias - TGH ©

Pendant un mois et demi, les équipes de TGH  sont allées à la rencontre des familles syriennes et irakiennes installées dans 12 villes de la périphérie d'Erbil pour mieux comprendre leur parcours et leur situation, identifier leurs besoins en termes d'éducation et évaluer leur niveau global de vulnérabilité. Des questionnaires élaborés pour le projet ont été remplis sur des tablettes permettant de récupérer rapidement les données collectées et d'éviter la perte d'informations. L'analyse de ces données permettra d'identifier les familles les plus vulnérables, qui recevront une somme d'argent variant - en fonction de leur situation - entre 120 et 160 USD. Elles pourront employer cette somme pour couvrir les frais de scolarisation de leur(s) enfant(s), à commencer par les frais de transport relativement élevés dans la zone. Pour assurer un suivi assidu des enfants, le programme prévoit également un large volet Monitoring et Évaluation, ainsi qu'un plaidoyer auprès des familles, des écoles et des autorités.

Face à une crise qui dure, TGH a choisi de rendre concret le concept de l'éducation dans l'urgence, et d'apporter aux futurs acteurs de la société les outils nécessaires à leur rôle moteur dans la reconstruction.

UKRAINE

N'oublions pas l'Ukraine !

Plus de 9 000 morts, quelque 1.5 millions de déplacés (72 000 pour la seule ville de Kramatorsk) et des milliers de familles séparées. Aujourd'hui, 250 kilomètres de ligne de front séparent forces gouvernementales et séparatistes, zone dans laquelle aide humanitaire et combats rythment le quotidien des populations.

Entretien avec les bénéficiaires – Donbass

Entretien avec les bénéficiaires – Donbass
Photo : TGH ©

Cela fait déjà deux ans que le conflit en Ukraine a commencé, surprenant tout le monde, et en premier lieu les populations du Donbass. Le développement économique et démographique de cette région de l'est du pays s'est appuyé essentiellement sur la révolution industrielle et sa production de charbon. Après un développement urbanistique aux dimensions démesurées, les villes ressemblent aujourd'hui à des cités dortoirs dont les centres sont si grands qu'on les devine à peine. Toutefois, ces larges rues bordées de verdure et de parcs offrent à Kramatorsk, ville de 200 000 habitants dans laquelle TGH a pris ses quartiers, une ruralité certaine.

Depuis les années 2000, les mines et leurs nombreux terrils sont abandonnés, comme la population, dont une fraction importante subsiste grâce aux revenus mensuels des pensions sociales (34 à 65€). Une partie tout aussi importante est au chômage (34% selon certains chiffres) et ceux qui travaillent se partagent à 3 ou 4 les tâches exécutées par un seul homme en Europe de l'Ouest. Les salaires sont bas, le minimum se situant à 95€ par mois. Petites pensions, petits salaires, petits business. Les nouvelles technologies sont pourtant présentes, le téléphone portable et l'accès à Internet sont simples, de qualité et disponibles dans tout le pays. Ordinateurs portables et tablettes sont courants - un paradoxe dans les zones rurales où chacun possède son potager, indispensable à la fabrication des conserves, où chacun économise pour l'achat du charbon ou de gaz nécessaire au chauffage en vue de l'arrivée de l'hiver. Ces populations sont à la limite de la survie, vulnérables au moindre incident dans ce pays paradoxalement si proche et si éloigné de nous.

En février 2015, TGH réalise une première évaluation sur la ligne de front puis une seconde en juin, mise à jour en janvier de l'année suivante. Les démarches pour le lancement d'une action dans la région du Donbass prennent du temps du fait de la complexité de l'administration locale, de fonds disponibles chez les bailleurs traditionnels bien en deçà des besoins évalués, et de la recherche d'une solution moins chère et plus efficace. Les évaluations ont pointé la sécurité alimentaire comme le secteur d'intervention prioritaire, et ont aussi permis d'évaluer un réseau de commerce rural (épiceries), certes affaibli mais toujours existant.

Entretien avec les bénéficiaires – Donbass

Présentation du logiciel et formation des épiciers - Donbass
Photo : TGH ©

En mars 2016, le Centre de Crise et de Soutien du ministère des Affaires Étrangères français accorde à TGH un financement pour apporter un soutien alimentaire à 3 000 familles vivant dans les zones rurales de la ligne de front. Ce programme est mis en œuvre avec un partenaire local, l'ONG CFP (Country of Free People) qui a notamment participé aux évaluations de juin 2015 et janvier 2016. L'objectif est la mise en place d'un réseau de 12 épiceries ciblant la population de 25 villages, les bénéficiaires étant sélectionnés selon des critères de vulnérabilité spécifiques. Les épiciers les plus audacieux - d'ailleurs principalement des épicières - comprennent vite l'intérêt de s'engager dans le réseau. Le programme propose, selon leur situation, de leur apporter 115 à 350 clients par mois pendant deux mois. Plusieurs conditions préalables sont à remplir : acheter une tablette ou un ordinateur portable, tirer la ligne filaire Internet jusqu'à l'épicerie, ouvrir un compte en banque, faire le point avec les fournisseurs, et suivre la formation très simple à la gestion du logiciel de suivi des achats. Chaque bénéficiaire sélectionné reçoit par sms un bon d'achat électronique de 17€ par mois, faisant de son téléphone une sorte de porte-monnaie électronique. Une fois à l'épicerie, le client n'a qu'à donner son numéro de téléphone et le logiciel que possède chaque commerçant déduira automatiquement la somme des achats du montant du coupon.

Ce système de coupons électronique, devenu un recours classique des opérations d'aide humanitaire, n'avait jamais été mis en œuvre dans la zone ciblée par le projet – des localités rurales situées sur la ligne de front. Il y fonctionne pourtant très bien. Les bénéficiaires apprécient la liberté de choix que leur octroie le coupon électronique. Ils ont de nouveau accès aux produits frais comme la viande et les produits laitiers, mais peuvent également acheter le sucre et l'huile indispensables pour la fabrication des conserves, d'autant plus que le système leur permet d'acheter en plusieurs fois. Quant aux commerçants, ils augmentent leur chiffre d'affaires, apportent des améliorations à leur boutique et développent une relation privilégiée avec leurs clients.

Entretien avec les bénéficiaires – Donbass

Utilisation du coupon dans une épicerie – Donbass
Photo : TGH ©

Les municipalités se déclarent satisfaites du système, qu'elles jugent plus efficace que la distribution de cartons de produits alimentaires secs dont certaines denrées ne sont culturellement pas consommées.

Toutes les parties prenantes au projet désirent la continuité de l'action, c'est pourquoi TGH recherche activement des fonds pour la faire perdurer et travaille actuellement à proposer la délivrance de coupons pour l'achat de produits d'hygiène, selon la même méthodologie.

Les municipalités ont toutefois évoqué l'absence de contrepartie de cette aide non conditionnée, qui ne génère aucune cohésion sociale. En réponse à cette objection, TGH a lancé une phase d'essai en employant 107 personnes, dont 75 femmes, pour réaliser de petits travaux d'entretien des espaces verts au village de Novotoshkivka. Cet essai s'est avéré concluant, et ouvre de nouvelles pistes pour un développement plus large du programme.

Le programme actuel est pour l'instant un succès, et TGH réfléchit déjà aux prolongements à lui donner. Le principal challenge réside autant dans l'élaboration d'une réponse à une situation d'urgence que dans le soutien à l'économie locale et à la cohésion sociale, en occupant ces 34% de chômeurs de façon temporaire voire, avec beaucoup d'ambition, de manière permanente.

Stéphane VENGUT, Chef de mission en Ukraine

COREE DU NORD

Korean Federation for the Care of the Aged (KFCA) – TGH partenaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC)

Depuis la fin des années 90, la RPDC a connu un accroissement rapide de sa population de personnes âgées. En effet, le recensement de la population mené en 2008 a par exemple montré que le pourcentage de personnes âgées (par définition, de plus de 60 ans) a augmenté de 8,9% (en 1993) à 13,1% (en 2008), atteignant 3,15 millions de personnes. De plus, l'analyse sur l'enquête de santé sur la situation socioéconomique de la population, effectuée par le Bureau central de statistiques de la RPDC en 2014, prévoit que d'ici 2050 le pourcentage de personnes âgées sera de 24,9% sur la population totale.

Pour s'adapter à cette évolution, l'organisation HelpAge DPRK a été créée en Avril 2003. Elle a pour objectif de promouvoir les droits et les intérêts des personnes âgées, d'encourager les opportunités de développement social, et d'améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Cette organisation a changé de nom en 2006 et s'appelle depuis lors la “Korea Federation for Care of the Aged” (ci-dessous nommée KFCA).

En tant qu'organisation de la société civile en RDPC, et en lien avec son mandat d'assurer les droits et intérêts des personnes âgées et particulièrement leur santé mentale et physique, KFCA garantit la promotion de l'aide sociale dans la prise en charge des personnes âgées en RPDC. Le Comité central de KFCA maintient une proche collaboration avec les organisations internationales travaillant dans le secteur de l'amélioration de la prise en charge des personnes âgées. Un de ses partenaires est Triangle Génération Humanitaire appelé EUPS Unit 5 en RPDC¹.

Le projet financé par l'Union européenne « renforcement de la société civile pour une meilleure prise en charge des personnes âgées en RPDC », qui a été élaboré en partenariat entre EUPS Unit 5 et KFCA pour 27 mois², a été d'une grande importance pour le travail de prise en charge des personnes âgées en RPDC. Après de nombreux challenges mais à travers un travail soutenu et des activités pratiques, les objectifs ont été atteints. L'objectif global du projet visait à renforcer la capacité de KFCA en tant qu'organisation de la société civile. Les objectifs spécifiques ont été mis en place envers l'amélioration de l'aide délivrée aux personnes âgées en RPDC par KFCA à travers le développement des capacités de KFCA, la sensibilisation sur a problématique des personnes âgées, un appui matériel et des activités innovatrices. Par conséquent, les 28 membres du comité central de KFCA, les 700 membres volontaires des comités provinciaux, environ 7,200 personnes âgées vivant dans le « Old People Home » (ou OPH) et 308 personnels de l'OPH (docteurs, infirmier(e)s et employé(e)s), ont bénéficié directement du projet dont la cible indirecte a atteint les 3,150 000 personnes âgées vivant dans le pays.

Distribution d'intrants agricoles, localité de Geneina

Loisirs à la "Old people Home" de Sinwon 2016
Photo : TGH ©

Distribution d'intrants agricoles, localité de Geneina

Réception des matériaux de loisirs pour les « Old People Home » ou OPH (instruments de musique et jeux), TGH et l'équipe de KFCA 2016
Photo : TGH ©

La mise en œuvre du projet a aussi aboutie grâce à la collaboration d'autres agences, organisations et bailleurs dont la liste est détaillée comme suit:

Consultation à l'Institut national de recherche en gériatrie - corée du nord

Consultation à l'Institut national de recherche en gériatrie 2016
Photo : TGH ©

  • Un projet financé par l'Office français de coopération pour améliorer la sécurité alimentaire des personnes âgées dans les OPH en construisant des serres pour cultiver des légumes, et en fournissant de la nourriture (notamment du riz), et des machines de transformation des aliments;
  • Un projet cofinancé par la coopération suisse (ou SDC) pour fournir des instruments musicaux, des jeux, et des équipements médicaux aux OPH.
  • Un projet financé par l'Ambassade de la Pologne en RPDC pour l'amélioration du système de soins gériatriques dans le centre national de gérontologie à Pyongyang.
  • Support de l'agence des nations unies UNFPA basée à Pyongyang pour envoyer des représentants nationaux de KFCA à participer aux conférences internationales en Inde et Thaïlande et ainsi à développer le réseau de KFCA.

Le comité central de KFCA est fortement engagé à la prise en charge des personnes âgées et à la mise en œuvre des politiques de soins des personnes âgées en RPDC, facilitant le partenariat entre les agences internationales et les organisations de coopération à la fois nationales et étrangères. L'organisation continue à développer une bonne relation de partenariat avec l'EUPS Unit 5 pour améliorer l'aide sociale des personnes âgées en RPDC. En tant que tels, KFCA et EUPS Unit 5 travaillent actuellement sur une nouvelle proposition se focalisant sur les services de soins à domicile pour les personnes âgées et dans le développement des capacités de KFCA pour la gestion de projets.

KFCA – Partenaire de TGH en Corée du Nord

¹ L' EUPS Unit 5 est la seule organisation humanitaire internationale travaillant dans l'aide sociale des personnes âgées en RPDC
² Décembre 2014- Mars 2017

En Bref…

  • 12/07/2016 :
    TGH ainsi que 28 ONG signent une lettre ouverte demandant à Monsieur Laurent Wauquiez de nouer le dialogue pour construire ensemble une politique de coopération ambitieuse.
  • 27/07/2016 :
    TGH apporte son soutien à la candidature de l'ONG libanaise Amel International au Prix Nobel de la paix 2016.

Pour plus d'informations sur nos projets, voir la rubrique Nos actions sur le site de TGH.