Le Consensus européen sur l'aide humanitaire a été signé conjointement par le Conseil et les représentants des gouvernements des États membres, le Parlement européen et la Commission européenne le 18 décembre 2007. La déclaration faite à cette occasion par Louis Michel, commissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire, est très claire : « Pour être capable de fournir une aide dans des circonstances très difficiles, il faut un partenariat solide et de bons contacts avec la communauté internationale, notamment avec les Nations Unies, le mouvement de la Croix-Rouge et les ONG du secteur humanitaire. Les infrastructures locales sont aussi essentielles pour sauver des vies et atténuer les souffrances. » La première phrase du consensus est également sans ambiguïté : « L'aide humanitaire est un impératif moral et l'expression fondamentale de la valeur universelle qu'est la solidarité entre les peuples. ».
Pourtant, l’aide humanitaire est toujours confrontée à un manque permanent de financement.
L’exemple le plus frappant est le Darfour, où chaque présentation de nos besoins financiers destinés à la prise en charge des besoins primaires des populations victimes de la guerre se heurte à une lassitude de la part de certains décideurs, qui nous font même remarquer que nous nous enlisons, que la situation n’évolue pas, que le nombre de déplacés est toujours aussi élevé !
Notre rôle est justement d’intervenir lorsque les gouvernements ne peuvent ou ne veulent pas prendre en charge ces populations qui subissent les conséquences de la politique qu’ils ont initiée.
La même logique, appliquée dans notre pays aux services d’urgence dont le budget ne serait maintenu qu’à condition que leur nombre d’interventions baisse, serait-elle acceptable ?
Nos missions en Birmanie sont également difficiles à financer, certains considérant que - en raison de la situation politique - il est presque indécent d’y intervenir.
Notre lecture est évidemment tout autre et relève de la nécessité d’agir.
La crise financière mondiale influe actuellement sur les financements de nos actions, et l’humanitaire pourrait se transformer en un acte purement technique, centré uniquement sur les activités logistiques permettant des comptes rendus financiers plus « lisibles ».
Il est donc de notre devoir de militer pour que la solidarité internationale ne soit pas soumise aux lois du marché, et le Consensus européen sur l’aide humanitaire est heureusement là pour renforcer nos convictions.