Logo Triangle Génération Humanitaire

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player. Obtenir le lecteur Adobe Flash

Qui sommes-nous ? Nos actions Informations Notre activité vous intéresse
 

Le journal d'information 2011/2012

L’édito de la direction
Christian Lombard et Patrick Verbruggen
Journal Annuel 2010

L'une des critiques les plus récurrentes à l'endroit des ONG est de les accuser de se substituer aux états dans des domaines qui relèvent de leur responsabilité.  Nous intervenons, il est vrai, pour pallier les déficits d'intervention des états lorsqu’ils sont, délibérément ou non, dans l’inaction.

Les vieux clichés d'expansionnisme ou de prosélytisme restent également présents dans la critique de l’action humanitaire, et sur ce point, la diversité croissante des acteurs "non humanitaires" (agences lucratives de toute sorte, forces armées…) a créé ces dernières années une image pour le moins brouillée et surtout très éloignée des valeurs de neutralité et d'altruisme qui sont les nôtres.

Cette confusion des genres participe largement aux attaques ciblées et croissantes dont les travailleurs humanitaires sont victimes dans le cadre de leur mission, avec pour conséquence de restreindre les mouvements des équipes déployées sur le terrain et d’entraver l’accès aux populations bénéficiaires.

Pour faire face à ce nouvel écueil, les organisations de solidarité internationale ont approfondi leur travail sur la compréhension des risques, adapté la formation des acteurs humanitaires et "nationalisé" de plus en plus les équipes de terrain.

L'impossibilité d’expatrier des ressortissants occidentaux dans certaines régions du monde était à l'origine une contrainte supplémentaire pesant sur notre volonté d'intervenir partout où des populations sont en souffrance. La réflexion menée sur le travail d'adaptation nécessaire à la poursuite de nos actions a révélé que cette contrainte pourrait devenir un atout pour le développement. Une transmission des compétences accrue, un approfondissement des formations et une meilleure responsabilisation de nos employés nationaux laisse espérer qu'à l'avenir, au-delà de l'autonomie acquise dans leur propre pays, ces équipes pourront elles-mêmes s’expatrier et répercuter leur expérience vers d’autres populations, sur d’autres territoires.

Derrière la révolte et la colère suscitées par ces agressions répétées, nous sommes confrontés à un impératif de remise en question de nos méthodes. Cet exercice imposé nous permet d'entretenir notre capacité d'adaptation à tous les nouveaux éléments qui peuvent apparaître dans notre pratique, et nous maintient ainsi dans une réactivité qui est fondamentale pour que nous soyons en mesure d'apporter les meilleures prestations dans le cadre de notre action.

De même, nous avons conscience de l'importance de nous soumettre, au travers d'audits réguliers, au contrôle de la bonne utilisation des financements publics qui nous sont délivrés par nos bailleurs de fonds. Là encore, il s'agit d'une contrainte qui nous est bénéfique, puisqu'elle met l'accent sur la nécessaire rigueur de notre gestion.

En revanche, lorsque les règles administratives et financières alourdissent les procédures au point de contrarier les objectifs opérationnels, notre compréhension trouve ses limites. Nous pensons légitime d'espérer que nos financeurs - que nous désignons plus volontiers sous le terme de 'partenaires' -  soient en capacité de prendre la pleine mesure des évolutions auxquelles nous devons faire face, et nous accompagnent dans ces mutations, plutôt que de nous opposer une machine administrative à même de remettre en cause le cœur même de notre action.