Le Darfour est depuis 2003 le théâtre d'une guerre civile complexe, qui a déjà causé 300.000 morts selon les estimations de l'ONU (10.000 d'après Khartoum), et 2,7 millions de déplacés.
Au conflit originel entre mouvements rebelles et forces pro-gouvernementales se sont ajoutés des combats entre tribus arabes rivales, et une montée en puissance du banditisme et de la pratique de la prise d’otage de travailleurs humanitaires ou de personnel des Nations Unies.
Pour exemple, deux humanitaires ont été enlevés ce 23 juin dans les locaux de l’organisation pour laquelle ils travaillaient à Nyala, la métropole du Darfour.
Cette vague d'enlèvements a contraint la plupart des ONG à plier bagages. D'autres ont gelé leurs programmes d'aide, d’autres travaillent à distance et ne se rendent plus sur le terrain, alors que notre métier est justement de travailler auprès des populations qui vivent sur des zones où les états et les chefs traditionnels n’ont plus d’autorité ni de moyens pour les prendre en charge.
On nous propose, comme aux entreprises à but lucratif, de contracter des assurances pour nos travailleurs humanitaires. Les ravisseurs auraient alors la garantie du versement d’une rançon, et seraient enclins à durcir leur comportement vis-à-vis des otages pour forcer la main des négociateurs.
Dans de telles situations, la fermeté et la détermination doivent être sans faille. Reculer devant la pression, céder au chantage et accéder aux revendications des preneurs d’otages, ne peut qu’encourager la chasse aux expatriés alors que le Soudan ne parvient pas à arrêter les ravisseurs de ressortissants étrangers.
Notre politique est de ne pas payer de rançon, de passer par les voies normales de dialogue, de persuasion et de résolution pacifique. Faire des exceptions à cette politique pourrait compromettre la sécurité de tous, et notre capacité à travailler dans des zones de conflit et autres secteurs sensibles dans de nombreux pays.