Avant propos
Au cœur du continent africain, la République Centrafricaine est aujourd’hui un pays exsangue et divisé. Les luttes successives pour le pouvoir que connaît le pays depuis son indépendance et les plus récentes « ondes de choc » liées aux crises des pays voisins (RDC, Tchad et Soudan), ont favorisé le passage à la rébellion de groupes politico-militaires dont les opérations, certes hétéroclites, convergent pour maintenir le pays dans un état d’instabilité permanent.
Majoritairement actifs dans les préfectures septentrionales du pays, ces groupes revendiquent une meilleure répartition des richesses par le pouvoir central et usent par ailleurs de stratégie politiques volatiles pour s’imposer sur la scène nationale au gré des agendas électoraux. On citera les plus importants :
- l’APRD (Armée Populaire pour la Restauration de la République et de la Démocratie) dans les préfectures du nord ouest du pays,
- l’UFDR (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement) dans celles du Nord-Est,
- le CPJP (Convention Patriotique pour la Justice et la Paix) dans le Baminigui-Bangoran,
- le FDPC (Front Démocratique et Patriotique pour la Changement) dans l’Ouham.
S’ajoutent aux rebellions du nord un important phénomène de banditisme (notamment au Nord-Est - Préfecture de la Vakaga) ainsi que des incursions d’éléments liés à la rébellion tchadienne et à leurs supposés alliés arabes soudanais. Par ailleurs, des exactions sont commises par des éléments des Forces Armées Centrafricaines assimilant souvent tout homme en âge de combattre à un combattant rebelle.
Il résulte des crises successives survenues au cours de cette décennie une situation humanitaire dégradée dans un pays où le niveau de développement socio-économique est très bas malgré la présence notoire des ressources naturelles à forte valeur ajoutée.
A cette pauvreté « installée » au long des crises, à l’absence de développement qui représente un « lit » extrêmement favorable aux rebellions d’aujourd’hui, s’ajoute un nouvel épisode de déplacement de populations lié à l’insécurité décrite plus haut. En plus des personnes réfugiées au Cameroun, au Tchad ou au Soudan, on estime à 100.000 le nombre de déplacés à l’intérieur du pays.
Au vu de cette situation et compte tenu du très faible nombre d’acteurs humanitaires alors présents, Triangle G H décide en février 2007 d’une mission d’étude, qui débouchera sur la définition d’un premier programme dans la région de Birao, à l’extrême nord est du pays.