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Offre d'emploi

PROFIL DE POSTE : Adjoint du Chef de Mission

Pays : République Centrafricaine, poste basé à Bangui
Programmes : 1/ Restauration de l’accès aux services essentiels des populations de la Vakaga (EHA et Education)
                       2/ Amélioration de l'accès à l'éducation primaire à Sam Ouandja
                       3/ Assistance multisectorielle aux réfugiés soudanais établis à Sam Ouandja
                       4/ Renforcer le niveau de sécurité alimentaire dans la préfecture de la Vakaga et dans la sous-préfecture de Sam Ouandja
                       5/ Vers un accès pérenne à une eau de qualité pour les populations de Sam Ouandja
Financement : Commission Européenne, ECHO, Coopérations Nationales (France), Agences des Nations Unies
Fonction : Coordinateur de programmes
Durée : 7 mois renouvelables, à pourvoir au plus tôt
Statut : Salarié
Conditions : Salaire net mensuel brut de 1 721 € et Per diem mensuel local de 400 €, prise en charge sociale (santé 100 % + assurance rapatriement + prévoyance), prise en charge du logement et du transport international et local dans le cadre de la mission.

Description de la mission :

Situé au cœur du continent africain, la République Centrafricaine est aujourd’hui un pays exsangue et divisé. Les luttes successives pour le pouvoir que connaît le pays depuis son indépendance et les plus récentes « ondes de choc » liées aux crises des pays voisins (RDC, Tchad et Soudan), ont favorisé le passage à la rébellion de groupes politico-militaires dont les opérations, certes hétéroclites, convergent pour maintenir le pays dans un état d’instabilité permanent.

Majoritairement actifs dans les préfectures septentrionales du pays, ces groupes revendiquent une meilleure répartition des richesses par le pouvoir central et usent par ailleurs de stratégies politiques volatiles pour s’imposer sur la scène nationale au gré des agendas électoraux. On citera les plus importants :

  • l’APRD (Armée Populaire pour la Restauration de la République et de la Démocratie) dans les préfectures du nord ouest du pays,
  • l’UFDR (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement) dans celles du Nord-Est,
  • le CPJP (Convention Patriotique pour la Justice et la Paix) dans le Baminigui-Bangoran,
  • le FDPC (Front Démocratique et Patriotique pour la Changement) dans l’Ouham.
  • La LRA (Ligue Révolutionnaire du Seigneur) dans le Haut-Mbomou

S’ajoutent aux rebellions du nord un important phénomène de banditisme (notamment au Nord-Est – Préfectures du Bamingi Bangoran et de la Vakaga) ainsi que des incursions d’éléments liés à la rébellion tchadienne et à leurs supposés alliés arabes soudanais. Par ailleurs, des exactions sont commises par des éléments des Forces Armées Centrafricaines assimilant souvent tout homme en âge de combattre à un combattant rebelle. Il résulte des crises successives survenues au cours de cette décennie une situation humanitaire dégradée dans un pays où le niveau de développement socio-économique est très bas malgré la présence notoire des ressources naturelles à forte valeur ajoutée.

A cette pauvreté « installée » au long des crises, à l’absence de développement qui représente un « lit » extrêmement favorable aux rebellions d’aujourd’hui, s’ajoute un nouvel épisode de déplacement de populations lié à l’insécurité décrite plus haut. En plus des personnes réfugiées au Cameroun, au Tchad ou au Soudan, on estime à 100.000 le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au vu de cette situation et compte tenu du très faible nombre d’acteurs humanitaires alors présents, Triangle GH décide en février 2007 d’une mission d’étude, qui débouchera sur la définition d’un premier programme dans la région de Birao, à l’extrême nord est du pays.

Contexte d’intervention

Le  Nord-est de la République Centrafricaine a été de l’hiver 2006 au printemps 2007 le théâtre d’un conflit opposant un groupe politico-militaire régional (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement, UFDR) et le gouvernement centrafricain. Suite à des attaques répétées aggravant une insécurité latente depuis le début des années 2000, les populations civiles se sont déplacées à l’intérieur de leur région ou bien réfugiées au Soudan voisin. La ville de Sam Ouandja a été attaquée trois fois au cours des deux dernières années. La signature d’un accord de paix régional en juin 2007 puis d’un accord de paix national le 21 juin 2008 impliquant tous les belligérants du pays (dont les groupes politico-militaires du Nord-ouest de la RCA notamment) a permis la tenue du Dialogue Politique Inclusif (DPI) en Décembre 2008, qui autorisait alors la mise en perspective d’une stabilisation du contexte. Grâce à ces avancées politiques, la population civile du nord-est a pu regagner les villages des zones affectées par le conflit et tente à ce jour de reconstruire les dynamiques socio-économiques préexistantes.

La lenteur du processus politique de sortie de crise ainsi que les fortes contestations liées à la répartition injuste des bénéfices de la paix (DDR notamment) enserrent les populations des régions périphériques du pays dans un goulot d’étranglement sociopolitique. Déjà, certains groupes rebelles existants (FDPC) ou nouvellement constitués (CPJP) ont repris une lutte active ; on citera aussi les karas, ethnie importante de la Vakaga qui s’estime spoliée par l’UFDR dans la résolution du conflit et s’est organisée en groupe militaire en mai 2009. Ils sont à l’origine des deux attaques de Birao les 6 et 21 juin dernier qui n’ont fait qu’attiser de nouvelles tensions dans la région et provoqué de nouveaux mouvements de populations vers la brousse, vers d’autres villages de la Vakaga, voire même pour certaines familles jusqu’au Soudan. Sam Ouandja, reste par ailleurs particulièrement vulnérable aux violences internes comme externes. L’attrait, purement symbolique ou non, que représente cette ville diamantaire justifie notamment la volonté des UFDR de conserver leur part de la gestion sécuritaire de la ville qu’ils partagent avec les FACA. Ce dernier exemple de cohabitation engendre de nombreuses tensions générées par le contrôle de l’économie du diamant entre les parties présentes, tout comme par l’absence grandissante de chaine de commandement fiable au sein de l’UFDR. Les quelques représentants de l’Etat présents sont par ailleurs délaissés ici, comme dans l’ensemble de la Vakaga, par leurs hiérarchies respectives. L’arrivée récente (courant Janvier 2010) de plus de 250 Ougandais (UPDF), dans le cadre d’un dispositif stratégique de lutte contre les LRA (qui sont suspectés d’être positionnés entre 50 et 100 km au Sud-est de Sam Ouandja), participe également à la surmilitarisation de la ville et aux tensions afférentes.

Outre l’insécurité rampante décrite ci-dessus et dont on ne peut anticiper la longévité, les impacts du conflit résident à ce jour majoritairement dans la difficulté à recouvrer les dynamiques socio-économiques d’avant conflit. L’enclavement de la région (située à 1200 km de Bangui), ainsi qu’une certaine discrimination à l’égard de populations islamisées de longue date et à biens des égards plus proches culturellement du Soudan, défavorisent largement les échanges interrégionaux et le développement local, et contribuent à maintenir la région dans le sous-développement.

Par ailleurs, le 12 mai 2007, la ville de Daffaq au Soudan (350 km du sud de Nyala) a été victime de bombardements et d’exactions de la part des forces gouvernementales soudanaises et de milices armées décrites comme « Djanjaweeds ». Après avoir fui leur ville et marché une dizaine de jours, les victimes soudanaises de cette attaque se sont réfugiées en Centrafrique, à la périphérie de la ville de Sam Ouandja, à quelques 50 km de la frontière soudanaise (préfecture de la Haute Kotto). Ils sont actuellement regroupés dans un camp à la périphérie de la ville et ont obtenu le statut de réfugiés au prima fascié par l'UNHCR.

Intervention Triangle GH

Triangle intervient dans la Vakaga  depuis le printemps 2007, au travers de programmes multi sectoriels incluant accès à l’eau potable et à un environnement sanitaire amélioré, assistance aux populations déplacées et réfugiées et soutien à la sécurité alimentaire.

Après une première phase ayant permis de répondre aux plus immédiats des besoins, Triangle s’attache désormais à œuvrer dans le sens d’un mieux durable des conditions de vie des populations de ses zones d’intervention ; un premier soutien en ce sens a été obtenu d’EuropeAid, visant à pérenniser et développer les résultats obtenus grâce à de précédents programmes dans les secteurs de l’accès à l’eau et de l’éducation. Ces deux secteurs prioritaires sont à ce jour l’objet de projets en cours ou en construction dans la Vakaga et dans la ville de Sam Ouandja. Au cours de la saison pluviale 2009, Triangle a du suspendre temporairement sa stratégie de long terme pour répondre rapidement aux besoins sanitaires et alimentaires des nouveaux déplacés de Birao (suite aux attaques du mois de juin). La fin de la saison des pluies

approchant, une refonte des modes opératoires dans la Vakaga est en cours, afin de conserver un accès stable aux populations ciblées ainsi que des capacités opérationnelles adaptées à des programmes de développement (travail depuis plusieurs bases avancées dans la Vakaga), tout en maitrisant l’exposition aux risques de ses équipes opérationnelles. Cette révision stratégique est notamment devenue indispensable à la suite de l’enlèvement le 22 novembre 2009 de deux de ses expatriés sur la base de Birao. Dans cette mesure, la gestion des opérations se fera désormais majoritairement à distance depuis Bangui, l’expertise et la capitalisation développées depuis trois ans, notamment pour ce qui concerne les équipes nationales sur le terrain, autorisant la mise en place de ce type d’organisation.

Pour ce qui concerne les activités menées à Sam Ouandja, suite à une première évaluation de terrain menée fin mai et juin 2007, Triangle a décidé d’une intervention d’urgence, consistant en :

  • La distribution de denrées alimentaires, d’intrants agricoles au bénéfice de 500 familles dans le camp de réfugiés et 500 familles dans la ville de Sam Ouandja
  • La distribution de biens non alimentaires et de matériel scolaire 
  • L’installation d’un programme eau et assainissement dans le camp de réfugiés 
  • La réhabilitation de points d’eau dans la ville de Sam Ouandja
  • La réhabilitation d’une école dans la ville de Sam Ouandja

Ces programmes se sont prolongés et développés en 2008 grâce au soutien d’ECHO, la DAH, le PAM, l’UNICEF, le HCR et la FAO.

Triangle met aujourd’hui en œuvre des projets ayant pour objectif d’améliorer l’accès aux services essentiels  que sont l’eau potable et l’éducation primaire. Ces projets s’inscrivent dans la continuité des actions menées en 2007 et 2008 et offrent une planification stratégique de l’intervention sur un terme plus long.

Projets en cours :

  • EuropeAid : Soutien à l’amélioration des services essentiels dans la Vakaga (Accès à l’eau et à l’éducation primaire) – Oct 08 à Juillet 11
  • UNICEF : Amélioration de l’accès à l’éducation primaire à Sam Ouandja – Nov 08 – Mars 10
  • UNHCR : Soutien multisectoriel aux populations soudanaises réfugiées dans le camp de Sam Ouandja Jan 10 – Déc 10.
  • ECHO : Amélioration des conditions d’accès à une eau de qualité pour les populations de Sam Ouandja - Mars 09 à Fév 10
  • CHF : Amélioration de l’accès à l’éducation primaire à Sam Ouandja – Jan 10 – Déc 10
  • UNICEF / CHF : Cofinancements Europeaid – Fin au 31/12/10

Parallèlement à ces projets en cours de réalisation, sachant qu’une note conceptuelle a été déposée auprès du CIAA pour le financement d’un projet de sécurité alimentaire sur Birao, Sikikédé, Tiringoulou, Ouanda Djalle et Sam Ouandja, une évaluation est en cours dans la zone de Bambari (Préfecture de la Ouakka) pour mettre en place de véritables projets de développement dans une zone où les besoins sont conséquents mais néanmoins peu couverte par les acteurs humanitaires, tout en étant nettement plus stable du point de vue sécuritaire.

Poste

1. Responsabilités :

Représenter l’association dans le pays, auprès des autorités nationales, des bailleurs de fonds et des autres organisations internationales (agences UN, ONG) :

  • S’assurer du respect de la législation nationale et assurer une visibilité de l’association auprès des autorités nationales et locales
  • Participer aux réunions d’information des bailleurs et agences UN (OCHA, Clusters UN)
  • Coordination avec les autres ONG présentes sur le terrain

Coordonner et suivre les projets en cours (2 bases opérationnelles)

  • Soutenir le coordinateur de programmes et les coordinateurs sectoriels dans la mise en place et le suivi des activités
  • Assurer la coordination/rédaction pour le reporting interne et des rapports destinés aux bailleurs de fonds

Participer à la définition de la stratégie de développement des programmes

  • En collaboration avec les experts, identifier et évaluer sur le terrain de nouveaux projets et besoins et faire remonter les informations au siège
  • Participer au suivi et à la capitalisation des données sur le projet
  • Participer à la recherche de nouveaux financements

Assurer la sécurité et la gestion de l’équipe

  • Effectuer les briefings d’arrivée de nouveaux expatriés, ainsi que leur suivi RH
  • Faire un suivi des informations liées au contexte et permettre la circulation de l’information au niveau de la mission
  • Superviser en collaboration avec les logisticiens base la mise à jour régulière des plans de sécurité et d’évacuation
  • Assurer des débriefings réguliers avec les membres de l’équipe expatriée
  • Participer à la mise à jour des fiches de poste
  • Superviser et appuyer la gestion et le suivi administratif, logistique et financier de la mission

2. Activités concrètes:

  • Représenter l’association en général (visites délégation, journalistes…)
  • Préparation, sensibilisation, information auprès des communautés locales.
  • Selon les besoins, participer aux réunions inter agence, Ongs, et sectorielles
  • Rencontrer régulièrement les bailleurs pour faire un compte rendu des activités des projets (avancement, rapports mensuelles ou de fin de programmes, objectifs atteints, résultat, problèmes rencontrés, relation avec les autorités locales…)
  • Envoyer le Rapport de Coordination Interne tous les quinze jours au siège
  • Suivre les projets en ayant des débriefings réguliers avec le coordinateur de programmes et les coordinateurs sectoriels
  • Faire des visites terrains suivant les possibilités et les besoins et rencontrer les représentants locaux et bénéficiaires
  • Compiler et valider les rapports des coordinateurs sectoriels pour les bailleurs de fonds
  • En collaboration avec le coordinateur administratif, se tenir informé de l’évolution de la législation et s’assurer de l’adéquation des procédures Triangle avec la réglementation Centrafricaine (enregistrement des expatriés, droit du travail centrafricain..)
  • Participer à la rédaction des propositions d’action et rapports d’activités

3. Relations professionnelles, partenaires :

Partenaires principaux :

  • Représentant de la commission européenne
  • Représentant des ambassades
  • Représentant des ONG, OI, UNDP,NU
  • Représentant des autorités locales
  • Représentation bailleurs

4. Compétences indispensables :

  • Bonnes connaissances du milieu humanitaire (ONG, OI, UE, ECHO, UN…)
  • Expérience d’au moins 2 ans en ONG sur des fonctions d'encadrement
  • Expérience de gestion de fonds provenant de ECHO, HCR, Coopérations nationales etc.
  • Maîtrise des outils informatiques, Excel, Word, Internet
  • Bonnes connaissances en gestion financière
  • Savoir encadrer des équipes
  • Bonne capacité et qualité rédactionnelle
  • Savoir rédiger des rapports en français et en anglais
  • Anglais indispensable, bon niveau parlé et rédactionnel
  • Expérience en contexte sécuritaire difficile

5. Caractéristiques personnelles souhaitées :

  • Grande qualité de contact humain: calme, diplomatie, maîtrise de soi, respect des valeurs et des différences culturelles
  • Bonne appréhension d’un contexte sécuritaire complexe et gestion du stress
  • Excellent relationnel; diplomatie
  • Sens de la discipline et du travail d’équipe
  • Bon sens de l’organisation
  • Capacité à gérer les frustrations du travail ; savoir faire preuve de pragmatisme
  • Capacités d’analyse, d’anticipation et de décision
  • Aptitude à vivre dans un contexte Socio-politique difficile et physiquement dur.

6. Equipe (TGH Mission) :

9 expatriés (1 chef de mission, 1 coordinateur de programmes, 1 coordinateur administratif, 1 coordinateur logistique, 1 coordinateur watsan, 1 coordinateur éduc, 1 ingénieur civil, 1 responsable activités sociocommunautaires, 1 agronome)

106 employés nationaux

Au siège : les référents sont les chargés de missions et de programmes Centrafrique, qui doivent être informés de toutes les décisions concernant le fonctionnement de la mission et de l’état d’avancement des programmes.