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Offre d'emploi

PROFIL DE POSTE : Coordinateur Logistique

Pays : République Centrafricaine, poste basé à Bangui
Programme : Support
Financement : Commission Européenne, ECHO, Coopérations Nationales (France), Agences des Nations Unies
Fonction : Coordinateur logistique
Durée : 7 mois
Statut : Volontaire ou salarié selon expérience
Conditions : Perdiem mensuel local de 400 €, prise en charge sociale (santé 100 % + assurance rapatriement + prévoyance), prise en charge du logement et du transport international et local dans le cadre de la mission.

Description de la mission :

Situé au cœur du continent africain, la République Centrafricaine est aujourd’hui un pays exsangue et divisé. Les luttes successives pour le pouvoir que connaît le pays depuis son indépendance et les plus récentes « ondes de choc » liées aux crises des pays voisins (RDC, Tchad et Soudan), ont favorisé le passage à la rébellion de groupes politico-militaires dont les opérations, certes hétéroclites, convergent pour maintenir le pays dans un état d’instabilité permanent.
Majoritairement actifs dans les préfectures septentrionales du pays, ces groupes revendiquent une meilleure répartition des richesses par le pouvoir central et usent par ailleurs de stratégies politiques volatiles pour s’imposer sur la scène nationale au gré des agendas électoraux. On citera les plus importants :

  • l’APRD (Armée Populaire pour la Restauration de la République et de la Démocratie) dans les préfectures du nord ouest du pays,
  • l’UFDR (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement) dans celles du Nord-Est,
  • le CPJP (Convention Patriotique pour la Justice et la Paix) dans le Baminigui-Bangoran,
  • le FDPC (Front Démocratique et Patriotique pour la Changement) dans l’Ouham.
  • La LRA (Ligue Révolutionnaire du Seigneur) dans le Haut-Mbomou

S’ajoutent aux rebellions du nord un important phénomène de banditisme (notamment au Nord-Est – Préfectures du Bamingi Bangoran et de la Vakaga) ainsi que des incursions d’éléments liés à la rébellion tchadienne et à leurs supposés alliés arabes soudanais. Par ailleurs, des exactions sont commises par des éléments des Forces Armées Centrafricaines assimilant souvent tout homme en âge de combattre à un combattant rebelle. Il résulte des crises successives survenues au cours de cette décennie une situation humanitaire dégradée dans un pays où le niveau de développement socio-économique est très bas malgré la présence notoire des ressources naturelles à forte valeur ajoutée.

A cette pauvreté « installée » au long des crises, à l’absence de développement qui représente un « lit » extrêmement favorable aux rebellions d’aujourd’hui, s’ajoute un nouvel épisode de déplacement de populations lié à l’insécurité décrite plus haut. En plus des personnes réfugiées au Cameroun, au Tchad ou au Soudan, on estime à 100.000 le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au vu de cette situation et compte tenu du très

plus des personnes réfugiées au Cameroun, au Tchad ou au Soudan, on estime à 100.000 le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au vu de cette situation et compte tenu du très faible nombre d’acteurs humanitaires alors présents, Triangle GH décide en février 2007 d’une mission d’étude, qui débouchera sur la définition d’un premier programme dans la région de Birao, à l’extrême nord est du pays.

Contexte d’intervention

Le  Nord-est de la République Centrafricaine a été de l’hiver 2006 au printemps 2007 le théâtre d’un conflit opposant un groupe politico-militaire régional (Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement, UFDR) et le gouvernement centrafricain. Suite à des attaques répétées aggravant une insécurité latente depuis le début des années 2000, les populations civiles se sont déplacées à l’intérieur de leur région ou bien réfugiées au Soudan voisin. La ville de Sam Ouandja a été attaquée trois fois au cours des deux dernières années. La signature d’un accord de paix régional en juin 2007 puis d’un accord de paix national le 21 juin 2008 impliquant tous les belligérants du pays (dont les groupes politico-militaires du Nord-ouest de la RCA notamment) a permis la tenue du Dialogue Politique Inclusif (DPI) en Décembre 2008, qui autorisait alors la mise en perspective d’une stabilisation du contexte. Grâce à ces avancées politiques, la population civile du nord-est a pu regagner les villages des zones affectées par le conflit et tente à ce jour de reconstruire les dynamiques socio-économiques préexistantes.

La lenteur du processus politique de sortie de crise ainsi que les fortes contestations liées à la répartition injuste des bénéfices de la paix (DDR notamment) enserrent les populations des régions périphériques du pays dans un goulot d’étranglement sociopolitique. Déjà, certains groupes rebelles existants (FDPC) ou nouvellement constitués (CPJP) ont repris une lutte active ; on citera aussi les karas, ethnie importante de la Vakaga qui s’estime spoliée par l’UFDR dans la résolution du conflit et s’est organisée en groupe militaire en mai 2009. Ils sont à l’origine des deux attaques de Birao les 6 et 21 juin dernier qui n’ont fait qu’attiser de nouvelles tensions dans la région et

provoqué de nouveaux mouvements de populations vers la brousse, vers d’autres villages de la Vakaga, voire même pour certaines familles jusqu’au Soudan. Sam Ouandja, reste par ailleurs particulièrement vulnérable aux violences internes comme externes. L’attrait, purement symbolique ou non, que représente cette ville diamantaire justifie notamment la volonté des UFDR de conserver leur part de la gestion sécuritaire de la ville qu’ils partagent avec les FACA. Ce dernier exemple de cohabitation engendre de nombreuses tensions générées par le contrôle de l’économie du diamant entre les parties présentes, tout comme par l’absence grandissante de chaine de commandement fiable au sein de l’UFDR. Les quelques représentants de l’Etat présents sont par ailleurs délaissés ici, comme dans l’ensemble de la Vakaga, par leurs hiérarchies respectives. L’arrivée récente (courant Janvier 2010) de plus de 250 Ougandais (UPDF), dans le cadre d’un dispositif stratégique de lutte contre les LRA (qui sont suspectés d’être positionnés entre 50 et 100 km au Sud-est de Sam Ouandja), participe également à la surmilitarisation de la ville et aux tensions afférentes.

Outre l’insécurité rampante décrite ci-dessus et dont on ne peut anticiper la longévité, les impacts du conflit résident à ce jour majoritairement dans la difficulté à recouvrer les dynamiques socio-économiques d’avant conflit. L’enclavement de la région (située à 1200 km de Bangui), ainsi qu’une certaine discrimination à l’égard de populations islamisées de longue date et à biens des égards plus proches culturellement du Soudan, défavorisent largement les échanges interrégionaux et le développement local, et contribuent à maintenir la région dans le sous-développement.

Par ailleurs, le 12 mai 2007, la ville de Daffaq au Soudan (350 km du sud de Nyala) a été victime de bombardements et d’exactions de la part des forces gouvernementales soudanaises et de milices armées décrites comme « Djanjaweeds ». Après avoir fui leur ville et marché une dizaine de jours, les victimes soudanaises de cette attaque se sont réfugiées en Centrafrique, à la périphérie de la ville de Sam Ouandja, à quelques 50 km de la frontière soudanaise (préfecture de la Haute Kotto). Ils sont actuellement regroupés dans un camp à la périphérie de la ville et ont obtenu le statut de réfugiés au prima fascié par l'UNHCR.

Intervention Triangle GH

Triangle intervient dans la Vakaga  depuis le printemps 2007, au travers de programmes multi sectoriels incluant accès à l’eau potable et à un environnement sanitaire amélioré, assistance aux populations déplacées et réfugiées et soutien à la sécurité alimentaire.

Après une première phase ayant permis de répondre aux plus immédiats des besoins, Triangle s’attache désormais à œuvrer dans le sens d’un mieux durable des conditions de vie des populations de ses zones d’intervention ; un premier soutien en ce sens a été obtenu d’EuropeAid, visant à pérenniser et développer les résultats obtenus grâce à de précédents programmes dans les secteurs de l’accès à l’eau et de l’éducation. Ces deux secteurs prioritaires sont à ce jour l’objet de projets en cours ou en construction dans la Vakaga et dans la ville de Sam Ouandja. Au cours de la saison pluviale 2009, Triangle a du suspendre temporairement sa stratégie de long terme pour répondre rapidement aux besoins sanitaires et alimentaires des nouveaux déplacés de Birao (suite aux attaques du mois de juin). La fin de la saison des pluies approchant, une refonte des modes opératoires dans la Vakaga est en cours, afin de conserver un accès stable aux populations ciblées ainsi que des capacités opérationnelles adaptées à des programmes de développement (travail depuis plusieurs bases avancées dans la Vakaga), tout en maitrisant l’exposition aux risques de ses équipes opérationnelles. Cette révision stratégique est notamment devenue indispensable à la suite de l’enlèvement le 22 novembre 2009 de deux de ses expatriés sur la base de Birao. Dans cette mesure, la gestion des opérations se fera désormais majoritairement à distance depuis Bangui, l’expertise et la capitalisation développées depuis trois ans, notamment pour ce qui concerne les équipes nationales sur le terrain, autorisant la mise en place de ce type d’organisation.

Pour ce qui concerne les activités menées à Sam Ouandja, suite à une première évaluation de terrain menée fin mai et juin 2007, Triangle a décidé d’une intervention d’urgence, consistant en :

  • La distribution de denrées alimentaires, d’intrants agricoles au bénéfice de 500 familles dans le camp de réfugiés et 500 familles dans la ville de Sam Ouandja
  • La distribution de biens non alimentaires et de matériel scolaire 
  • L’installation d’un programme eau et assainissement dans le camp de réfugiés 
  • La réhabilitation de points d’eau dans la ville de Sam Ouandja
  • La réhabilitation d’une école dans la ville de Sam Ouandja

Ces programmes se sont prolongés et développés en 2008 grâce au soutien d’ECHO, la DAH, le PAM, l’UNICEF, le HCR et la FAO.

Triangle met aujourd’hui en œuvre des projets ayant pour objectif d’améliorer l’accès aux services essentiels  que sont l’eau potable et l’éducation primaire. Ces projets s’inscrivent dans la continuité des actions menées en 2007 et 2008 et offrent une planification stratégique de l’intervention sur un terme plus long.

Projets en cours :

  • EuropeAid : Soutien à l’amélioration des services essentiels dans la Vakaga (Accès à l’eau et à l’éducation primaire) – Oct 08 à Juillet 11
  • UNICEF : Amélioration de l’accès à l’éducation primaire à Sam Ouandja – Nov 08 – Mars 10
  • UNHCR : Soutien multisectoriel aux populations soudanaises réfugiées dans le camp de Sam Ouandja Jan 10 – Déc 10.
  • ECHO : Amélioration des conditions d’accès à une eau de qualité pour les populations de Sam Ouandja - Mars 09 à Déc 09
Parallèlement à ces projets en cours de réalisation, sachant qu’une note conceptuelle a été déposée auprès du CIAA pour le financement d’un projet de sécurité alimentaire sur Birao, Sikikédé, Tiringoulou, Ouanda Djalle et Sam Ouandja, une évaluation est en cours dans la zone de Bambari (Préfecture de la Ouakka) pour mettre en place de véritables projets de développement dans une zone où les besoins sont conséquents mais néanmoins peu couverte par les acteurs humanitaires, tout en étant nettement plus stable du point de vue sécuritaire.

Poste

Dans le cadre de votre mission, vous aurez à superviser ou réaliser l’ensemble des activités suivantes :

ACHAT :
- Participer à la réalisation des appels d’offre pour tous les achats le nécessitant, en se conformant aux procédures TGH.
- Réaliser les achats de matériels techniques, en fonction des spécificités recherchées dans un souci de standardisation (Véhicules, ordinateurs, générateurs, matériel de communication, outillage mécanisé, etc.…).
- Réaliser les demandes d’achat au siège pour le matériel importé de France.
- Participer à la validation technique des bons de commande faits par les opérationnels et la logistique sur le terrain.
- Contrôler la réalisation des achats ainsi que le respect des procédures qui y sont liées.
- S’assurer que les informations requises par les demandeurs soient transmises (demandes de cotation, suivi des achats, demande d’information, etc.…).
- Contrôler la bonne tenue des dossiers d’achat et les transmettre au siège pour archivage en fin de programme.
- Contrôler la mise à jour de la base de données des prix et veiller à ce qu’elle soit transmise régulièrement à l’ensemble de la mission.

ADMINISTRATION :
- Contrôler les informations comptables présentes sur les documents logistiques (Lignes budgétaires sur les BCI, programme d’affectation, etc…).
- Etablir les prévisionnels de trésorerie concernant les activités logistiques.

COMMUNICATION :
- Contrôler les procédures de communication de la mission.
- Mettre à jour les listes de contact internes et externes de la mission.
- Contrôler les communications par téléphone satellite.
- S’assurer que les moyens de communication nécessaires au bon déroulement des activités soient disponibles sur la mission.
- S’assurer que la maintenance, la programmation et les réparations sont correctement réalisées.

IMMOBILISATIONS :
- Contrôler les affectations des équipements sur les différentes bases et projets.
- Suivre les mouvements des équipements et renvoyer l’inventaire des immobilisations sur une base mensuelle au siège.
- Valider l’inventaire des immobilisations par un inventaire physique sur une base trimestrielle.
- Réaliser les inventaires finaux pour les bailleurs en fin de programme.
- Contrôler que la maintenance et l’entretien du parc d’équipement est correctement réalisé (véhicules, générateur, matériel informatique et de communication, etc.…).
- Rédiger les inventaires finaux des immobilisations en fin de programme.
- A chaque achat d’équipement, sticker le matériel et renseigner l’inventaire des immobilisations avant expédition du matériel sur les bases.

RAPPORTS / REPRESENTATION:
- Participer à la rédaction du rapport de coordination interne pour la partie logistique les 15 et 30 de chaque mois.
- Participer à la rédaction des rapports bailleurs en ce qui concerne la partie logistique.
- Mettre en place un système de reporting régulier des bases vers la capitale en ce qui concerne la partie logistique.
- Représenter TGH aux clusters et réunions en lien avec la logistique de la mission.

RESSOURCES HUMAINES :
- Définir les besoins et organiser l’équipe logistique en fonction des budgets alloués sur les différents programmes.
- Rédiger les profils de poste des membres de l’équipe logistique.
- Organiser les recrutements du personnel logistique en respectant les procédures établies par l’administration.
- Former le personnel de l’équipe logistique au respect des procédures et aux outils de travail de TGH.
- Effectuer la gestion quotidienne du personnel logistique de la base de Bangui.
- Effectuer le suivi logistique des bases depuis la capitale.
- Planifier et organiser les congés du personnel logistique afin de ne pas perturber les activités.
- Réaliser des évaluations des compétences personnelles des membres de l’équipe logistique chaque année ou à chaque changement de poste.

SECURITE :
- Participer à la mise a jour des plans de sécurité des différentes bases.
- Veiller à l’application des consignes de sécurité sur toute la mission.
- S’assurer que le matériel lié à la sécurité est présent et en bon état de fonctionnement sur toute la mission.
- Participer aux décisions en ce qui concerne la sécurité sur toutes les bases en collaboration avec le chef de mission.
- Vérifier que la visibilité soit bien assurée sur toute la mission, notamment sur les véhicules, les bases et le personnel.
- Contrôler que les procédures liées au gardiennage et à la communication soient correctement appliquées.

STOCK :
- Veiller à l’application des procédures de gestion des stocks sur toute la mission.
- Contrôler la bonne gestion des stocks de la base de Bangui.
- S’assurer que les matériaux sont stockés dans de bonnes conditions sur toute la mission.
- Contrôler les consommations de carburant des bases (véhicules et générateurs).
- Assurer les commandes de carburant et de lubrifiant pour toute la mission.
- Rédiger les inventaires finaux des stocks en fin de programme.

TRANSPORT :
- Superviser la Gestion du Parc Véhicules
- Contrôler les plannings de déplacements des véhicules de la mission.
- Contrôler le suivi et la réalisation des expéditions. S’assurer que tous les documents associés sont correctement rédigés.
- Organiser l’approvisionnement en carburant de toutes les bases.
- Contrôler la bonne organisation des transports internationaux et des dédouanements lies.

1. Cadre des relations professionnelles:

  • Le coordinateur logistique est placé sous la supervision directe du chef de mission, de l’équipe desk et du référent logistique du siège
  • Supervise et appuie les logisticiens Bangui (en charge notamment de tout l’approvisionnement de la mission) et les logisticiens des bases opérationnelles
  • Travail en collaboration avec le coordinateur administratif.

2. Compétences indispensables :

  • Bonnes connaissances du milieu humanitaire (ONG, OI, UE, Echo…).
  • Maîtrise des domaines techniques liés à la logistique.
  • Bonnes connaissances des procédures logistiques, administratives et bailleurs.
  • Maîtrise des outils informatiques. 
  • Compétences en formation interne.
  • Français parlé et écrit.

3. Caractéristiques personnelles souhaitées :

  • Grande qualité de contact humain : diplomatie, maîtrise de soi, intérêt pour les différences culturelles 
  • Disponibilité, flexibilité, pragmatisme
  • Grand sens de l’organisation 
  • Respect du cadre et du travail d’équipe 
  • Transparence générale dans la diffusion des informations
  • Capacité et motivation pour vivre et travailler en équipe
  • Autonomie de travail
  • Pro-activité
  • Intérêt pour les projets développés par Triangle en RCA

4. Equipe (TGH Mission) :

9 expatriés (1 chef de mission, 1 coordinateur de programmes, 1 coordinateur administratif, 1 coordinateur logistique, 1 coordinateur watsan, 1 coordinateur éduc, 1 ingénieur civil, 1 responsable activités sociocommunautaires, 1 agronome)

130 employés nationaux

Sur le terrain : Le Coordinateur logistique est placé sous la responsabilité directe du Chef de mission.
Au siège : les référents sont le chargé de missions et de programmes Centrafrique, qui doivent être informés de toutes les décisions concernant le fonctionnement de la mission et de l’état d’avancement des programmes (rôle dévolu au chef de mission).

Ce profil de poste pourra être revu  avec le chef de mission en fonction des évolutions des activités sur le terrain.